Droit canonique (1/4) : Une brève histoire

Publié le 04 Mar 2026
DROIT CANONique

Le collège des douze apôtres, qui donne déjà quelques règles juridiques.

> DOSSIER n° 1850 : « Le droit canonique : pour quoi faire ? »

Introduction du dossier n° 1850

Avec les deux autres sciences sacrées que sont la théologie et la philosophie, le droit ecclésial converge vers la connaissance intime du mystère du Christ. Il a la fonction de garantir à l’Église son être propre, sa discipline, son unité et, surtout, ce qui fait de la communauté des chrétiens une communauté d’amour, un amour manifesté précisément aux hommes par Notre-Seigneur Jésus-Christ et qui leur est donné dans l’Esprit Saint. Le droit de l’Église vient en garantir l’objectivité et la vérité. Réalité ecclésiale forte, le droit canonique semble pourtant avoir été oublié pendant des décennies et il reste généralement méconnu des fidèles quand il n’est tout simplement pas considéré comme une pesanteur d’un autre temps, contraire aux jaillissements de l’Esprit et à la logique de la nouvelle Pentecôte. En replongeant dans l’Histoire, en montrant sa portée et son incarnation au quotidien, quatre canonistes lèvent un coin du voile sur le droit de l’Église.
Au cours de l’histoire de l’Église, s’est mis en place le droit canonique qui trouve ses fondements dans l’Évangile du Christ.

  Dans les Évangiles, Notre-Seigneur introduit deux éléments essentiels à la structuration politique et juridique que la chrétienté mettra en place : la distinction du temporel et du spirituelRendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », Mt 22, 21) ; le cantonnement de sa mission divine au spirituel (« Mon Royaume n’est pas de ce monde », Jn 18, 36). Il élude même une question sur un partage d’héritage en répondant : « qui m’a établi juge pour partager vos biens ? » (Lc 12, 14). Ainsi, le Christ n’est pas venu apporter des solutions juridiques, mais l’accomplissement de la Révélation, qui passe par l’institution de l’Église. Or cette société spirituelle est aussi une société humaine, dotée de règles de fonctionnement et d’une discipline interne.

Sous l’autorité de Pierre

Dès la mission publique du Christ, cette Église (ecclesia = assemblée) est formée par un collège des douze apôtres, placé sous l’autorité de son chef, saint Pierre (Lc 22, 31-32). Rapidement, elle va générer une discipline qui mêle prescriptions rituelles, commandements moraux et création d’institutions (diacres, Ac 6, 2-6). De même, quelques règles juridiques affleurent, que ce soit lors du concile de…

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Cyrille Dounot | Professeur agrégé

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