Compagnie du Saint-Sacrement (1/3) | Sociétés secrètes : quelle légitimité ?

Publié le 18 Mar 2026
Compagnie du Saint-Sacrement

Portrait du pape Léon XIII par Fabio Cipolla (1878).

> DOSSIER n° 1851 : « La Compagnie du Saint-Sacrement : le secret est-il catholique ? »
Alors que Léon XIII, en condamnant la franc-maçonnerie en 1884, invite les catholiques à refuser « le joug des sociétés secrètes », l’exemple historique d’associations catholiques de cette nature conduit à s’interroger sur leur légitimité morale.

  On classe généralement parmi les « sociétés secrètes » la Compagnie du Saint-Sacrement, qu’on pourrait dire plutôt élitiste et discrète. Elle se plaçait au sein de la Contre-Réforme catholique impulsée par le concile de Trente, et visait à la sainteté de ses membres, à la moralisation de la vie publique, au secours des pauvres, aux besoins de l’Église. Elle inspira la fondation de l’Hôpital général de Paris et celle des Missions étrangères de Paris. Association de perfection rassemblant des personnages pieux et influents, tel Gaston de Renty, elle agissait en outre comme un groupe de pression catholique.

Reconstruire une Europe chrétienne

Cinq Mars rendant son epee a Louis XIII Claudius Jacquand MBA Lyon 2014 detail 2 Compagnie du Saint-Sacrement

Louis XIII et Richelieu soutinrent la Compagnie du Saint-Sacrement.

Elle s’apparentait au « parti dévot » qui, comme le cardinal de Bérulle, eût aimé reconstruire une Europe chrétienne et prenait ses distances avec la politique menée par le cardinal de Richelieu qui, ardent défenseur du catholicisme en France (réduction des places protestantes), n’hésitait pas à s’allier à des États protestants pour contenir la puissance des Habsbourg. Louis XIII et Richelieu la soutinrent cependant, mais Mazarin tenta de la supprimer comme « société secrète », c’est-à-dire qui cachait son action de l’État. Elle fut finalement dissoute par Louis XIV en 1666, ce que l’on peut regretter, mais qui était une décision relevant souverainement de la prudence du prince. Au XIX siècle, la Congrégation eut des vues plus nettement politiques. Fondée en 1801, elle s’inspirait des pieuses congrégations fondées par les jésuites dans leurs collèges (1) mais, plus militante qu’elles, elle se voua sous le Directoire et l’Empire à la défense du catholicisme avec une nette inspiration royaliste. Elle fut d’ailleurs dissoute en 1809 par Napoléon mais reconstituée sous la Restauration en 1819. Ses membres se recrutaient alors largement parmi les ultras et étaient accusés par les libéraux d’exercer dans la société une influence catholique et conservatrice. Elle fut immédiatement dissoute par la monarchie de Juillet en 1830. 

Une société secrète assumée

Anne Ferdinand Louis de Bertier Compagnie du Saint-Sacrement Ferdinand de…

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Abbé Claude Barthe

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