Ascension : Hymnes pour la liturgie de l’Église latine

Publié le 13 Mai 2026
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Supplément de l’article Ascension : Le Seigneur monte au son de la trompette (n° 1855) par Pierre Julien

 

BRÉVIAIRE ROMAIN (1568)
Textes dans la version antérieure à la révision d’Urbain VIII (1631).

À Matines :

Auteur inconnu. Remonte au moins au Xᵉ siècle.
Traduction du chanoine Desjardins in Livre d’Heures [1952]

Ætérne Rex altíssime, 

Redémptor et fidélium,

Quo mors solúta déperit, 

Datur triúmphus grátiæ :

Roi d’éternelle majesté,

Rédempteur des âmes fidèles,

La mort vaincue vient vous offrir

Les honneurs du plus haut triomphe.

Scandens tribúnal déxteræ 

Patris : potéstas ómnium

Colláta Jesu cǽlitus, 

Quae non erat humánitus:

Vous montez à la droite du Père,

Juge investi de la puissance

Que la terre ne peut offrir,

Et dont le ciel pour vous dispose.

Ut trina rerum máchina, 

Cæléstium, terréstrium,

Et inferórum cóndita, 

Flectat genu jam súbdita.

Les trois règnes vous sont soumis,

L’ordre des cieux, l’ordre terrestre,

Et la puissance des enfers ;

Tout s’agenouille devant vous.

Tremunt vidéntes Angeli 

Versam vicem mortálium:

Culpat caro, purgat caro, 

Regnat Deus Dei caro.

Les anges regardent, tremblants,

Changer le destin des mortels :

La chair pèche, la chair expie,

Dieu fait homme règne en sa chair.

Tu esto nostrum gáudium, 

Manens olýmpo praéditum:

Mundi regis qui fábricam, 

Mundána vincens gáudia.

Soyez vous-même notre joie,

Restez au ciel la récompense,

Vous qui faites mouvoir le monde

Et surpassez les joies mondaines.

Hinc te precántes, quǽsumus, 

Ignósce culpis ómnibus,

Et corda sursum súbleva 

Ad te supérna grátia.

Aussi nous vous prions, Seigneur,

De nous pardonner nos péchés

Et d’élever nos cœurs vers vous

Par la grâce venue d’en-haut ;

Ut, cum repénte cœperis 

Clarére nube júdicis,

Pœnas repéllas débitas, 

Reddas corónas pérditas.

Et lorsque soudain vous viendrez,

Juge, dans la nue éclatante,

Vous remettrez nos châtiments

Et vous nous rendrez nos couronnes.

Glória tibi, Dómine, 

Qui scandis supra sídera,

Cum Patre, et Sancto Spíritu, 

In sempitérna sǽcula. Amen.

Gloire à vous, Seigneur, en ce jour

Où vous rentrez vainqueur aux cieux,

Avec le Père et l’Esprit-Saint

Durant les siècles éternels. Amen.

 

À Laudes et Vêpres :

Auteur inconnu. Date du VIIᵉ ou VIIIᵉ siècle.
Traduction du Diurnal Monastique [1928].

Jesu, nostra redémptio, 

Amor et desidérium,

Deus Creátor ómnium, 

Homo in fine témporum :

Jésus, notre Rédemption,

Notre amour et notre désir,

Dieu Créateur de toutes choses,

Fait homme vers la fin des temps,

Quæ te vicit cleméntia, 

Ut ferres nostra crímina,

Crudélem mortem pátiens, 

Ut nos a morte tólleres!

Quelle clémence vous entraîne 

À vous charger de nos crimes,

À subir une mort cruelle 

pour nous arracher à la mort !

Inférni claustra pénetrans, 

Tuos captívos rédimens,

Victor triúmpho nóbili 

Ad dextram Patris résidens.

Vous pénétrez jusqu’au sein des enfers ;

Vous en délivrez vos sujets captifs ;

Vainqueur, dans l’éclat du triomphe,

Vous prenez place à la droite du Père.

Ipsa te cogat píetas, 

Ut mala nostra súperes

Parcéndo, et voti cómpotes 

Nos tuo vultu sáties.

Que votre bonté vous incline

À vaincre nos excès par votre pardon,

Et, comblant tous nos vœux,

À nous rassasier de notre vue.

Tu esto nostrum gáudium, 

Qui es futúrus prǽmium:

Sit nostra in te glória 

Per cuncta semper sǽcula. Amen.

Soyez vous-même notre joie,

Comme vous serez notre récompense ;

Qu’en vous réside notre gloire

Dans tous les siècles, à jamais ! Amen.

 

BRÉVIAIRE AMBROSIEN (Milan)

Auteur inconnu. Remonte au moins au Xᵉ siècle.
Traduction : dom Prosper Guéranger (Année liturgique, Lundi dans l’octave de l’Ascension)

Optátus votis ómnium 

Sacrátus illúxit dies,

Quo Christus, mundi spes, Deus, 

Conscéndit cælos árduos.

Le jour tant désiré 

a lui enfin à nos yeux ;

jour auquel le Christ, espoir du monde, 

Dieu par essence, s’éleva jusqu’au sommet des cieux.

Ascéndens in altum Dóminus,

Própriam ad sedem rémeans,

Gavísa sunt cæli regna,

Redítu Unigéniti.

À l’arrivée du Seigneur dans ces hautes régions, 

à son retour sur le siège de sa gloire, 

les royaumes célestes ont été dans la jubilation ;

c’était le Fils unique qui arrivait.

Magni triúmphum prǽlii !

Mundi perémpto príncipe,

Patris præséntans vúltibus 

Victrícis carnis glóriam.

Digne triomphe à la suite d’une si noble lutte ! 

Après avoir abattu le prince du monde, 

il étale aux regards du Père 

les membres glorieux d’une chair qui a vaincu.

Est elevátus núbibus

Et spem fecit credéntibus,

Apériens paradísum, 

Quem protoplástus cláuserat.

S’élevant sur les nuages, 

il sollicite à l’espérance le cœur des croyants ; 

car il leur ouvre le paradis 

que le premier père avait fermé.

O grande cunctis gáudium ! 

Quod partus nostræ Vírginis,

Post sputa, flagra, post crucem 

Patérnæ sedi júngitur.

Ô joie immense pour nous tous ! 

Voir le fils d’une Vierge de notre sang, 

après les crachats, les fouets et la croix, 

entrer en possession du trône de son Père.

Agámus ergo grátias 

Nostræ salútis víndici,

Nostrum quod corpus véxerit 

Sublímem ad cæli régiam.

Offrons nos actions de grâces 

à l’auteur de notre salut, 

pour avoir élevé en sa personne notre propre chair 

jusqu’aux honneurs des célestes palais.

Sit nobis cum cæléstibus 

Commúne manens gáudium:

Illis, quod semet óbtulit, 

Nobis, quod se non ábstulit.

Que la joie soit commune 

entre nous et les Anges ;

car s’il vient s’offrir à leurs regards, 

nous pouvons dire qu’il n’a pas rompu avec nous.

Nunc provocátis áctibus

Christum exspectáre nos decet,

Vitáque tali vívere,

Quæ possit cælos scándere.

Ce qui nous reste à faire, 

c’est d’attendre le Christ 

dans la pratique des bonnes œuvres, 

et de mener une vie qui soit digne des cieux.

Glória tibi, Dómine,

Qui scandis super sídera,

Cum Patre et Sancto Spíritu

In sempitérna sǽcula. Amen.

À vous, Seigneur, qui vous élevez 

au-dessus des astres, gloire et honneur, 

avec le Père et le Saint-Esprit 

dans les siècles éternels. Amen.

 

>> à lire également : Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime

 

Pierre Julien

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