Supplément de l’article Ascension : Le Seigneur monte au son de la trompette (n° 1855) par Pierre Julien
BRÉVIAIRE ROMAIN (1568)
Textes dans la version antérieure à la révision d’Urbain VIII (1631).
À Matines :
Auteur inconnu. Remonte au moins au Xᵉ siècle.
Traduction du chanoine Desjardins in Livre d’Heures [1952]
| Ætérne Rex altíssime,
Redémptor et fidélium, Quo mors solúta déperit, Datur triúmphus grátiæ : |
Roi d’éternelle majesté,
Rédempteur des âmes fidèles, La mort vaincue vient vous offrir Les honneurs du plus haut triomphe. |
| Scandens tribúnal déxteræ
Patris : potéstas ómnium Colláta Jesu cǽlitus, Quae non erat humánitus: |
Vous montez à la droite du Père,
Juge investi de la puissance Que la terre ne peut offrir, Et dont le ciel pour vous dispose. |
| Ut trina rerum máchina,
Cæléstium, terréstrium, Et inferórum cóndita, Flectat genu jam súbdita. |
Les trois règnes vous sont soumis,
L’ordre des cieux, l’ordre terrestre, Et la puissance des enfers ; Tout s’agenouille devant vous. |
| Tremunt vidéntes Angeli
Versam vicem mortálium: Culpat caro, purgat caro, Regnat Deus Dei caro. |
Les anges regardent, tremblants,
Changer le destin des mortels : La chair pèche, la chair expie, Dieu fait homme règne en sa chair. |
| Tu esto nostrum gáudium,
Manens olýmpo praéditum: Mundi regis qui fábricam, Mundána vincens gáudia. |
Soyez vous-même notre joie,
Restez au ciel la récompense, Vous qui faites mouvoir le monde Et surpassez les joies mondaines. |
| Hinc te precántes, quǽsumus,
Ignósce culpis ómnibus, Et corda sursum súbleva Ad te supérna grátia. |
Aussi nous vous prions, Seigneur,
De nous pardonner nos péchés Et d’élever nos cœurs vers vous Par la grâce venue d’en-haut ; |
| Ut, cum repénte cœperis
Clarére nube júdicis, Pœnas repéllas débitas, Reddas corónas pérditas. |
Et lorsque soudain vous viendrez,
Juge, dans la nue éclatante, Vous remettrez nos châtiments Et vous nous rendrez nos couronnes. |
| Glória tibi, Dómine,
Qui scandis supra sídera, Cum Patre, et Sancto Spíritu, In sempitérna sǽcula. Amen. |
Gloire à vous, Seigneur, en ce jour
Où vous rentrez vainqueur aux cieux, Avec le Père et l’Esprit-Saint Durant les siècles éternels. Amen. |
À Laudes et Vêpres :
Auteur inconnu. Date du VIIᵉ ou VIIIᵉ siècle.
Traduction du Diurnal Monastique [1928].
| Jesu, nostra redémptio,
Amor et desidérium, Deus Creátor ómnium, Homo in fine témporum : |
Jésus, notre Rédemption,
Notre amour et notre désir, Dieu Créateur de toutes choses, Fait homme vers la fin des temps, |
| Quæ te vicit cleméntia,
Ut ferres nostra crímina, Crudélem mortem pátiens, Ut nos a morte tólleres! |
Quelle clémence vous entraîne
À vous charger de nos crimes, À subir une mort cruelle pour nous arracher à la mort ! |
| Inférni claustra pénetrans,
Tuos captívos rédimens, Victor triúmpho nóbili Ad dextram Patris résidens. |
Vous pénétrez jusqu’au sein des enfers ;
Vous en délivrez vos sujets captifs ; Vainqueur, dans l’éclat du triomphe, Vous prenez place à la droite du Père. |
| Ipsa te cogat píetas,
Ut mala nostra súperes Parcéndo, et voti cómpotes Nos tuo vultu sáties. |
Que votre bonté vous incline
À vaincre nos excès par votre pardon, Et, comblant tous nos vœux, À nous rassasier de notre vue. |
| Tu esto nostrum gáudium,
Qui es futúrus prǽmium: Sit nostra in te glória Per cuncta semper sǽcula. Amen. |
Soyez vous-même notre joie,
Comme vous serez notre récompense ; Qu’en vous réside notre gloire Dans tous les siècles, à jamais ! Amen. |
BRÉVIAIRE AMBROSIEN (Milan)
Auteur inconnu. Remonte au moins au Xᵉ siècle.
Traduction : dom Prosper Guéranger (Année liturgique, Lundi dans l’octave de l’Ascension)
| Optátus votis ómnium
Sacrátus illúxit dies, Quo Christus, mundi spes, Deus, Conscéndit cælos árduos. |
Le jour tant désiré
a lui enfin à nos yeux ; jour auquel le Christ, espoir du monde, Dieu par essence, s’éleva jusqu’au sommet des cieux. |
| Ascéndens in altum Dóminus,
Própriam ad sedem rémeans, Gavísa sunt cæli regna, Redítu Unigéniti. |
À l’arrivée du Seigneur dans ces hautes régions,
à son retour sur le siège de sa gloire, les royaumes célestes ont été dans la jubilation ; c’était le Fils unique qui arrivait. |
| Magni triúmphum prǽlii !
Mundi perémpto príncipe, Patris præséntans vúltibus Victrícis carnis glóriam. |
Digne triomphe à la suite d’une si noble lutte !
Après avoir abattu le prince du monde, il étale aux regards du Père les membres glorieux d’une chair qui a vaincu. |
| Est elevátus núbibus
Et spem fecit credéntibus, Apériens paradísum, Quem protoplástus cláuserat. |
S’élevant sur les nuages,
il sollicite à l’espérance le cœur des croyants ; car il leur ouvre le paradis que le premier père avait fermé. |
| O grande cunctis gáudium !
Quod partus nostræ Vírginis, Post sputa, flagra, post crucem Patérnæ sedi júngitur. |
Ô joie immense pour nous tous !
Voir le fils d’une Vierge de notre sang, après les crachats, les fouets et la croix, entrer en possession du trône de son Père. |
| Agámus ergo grátias
Nostræ salútis víndici, Nostrum quod corpus véxerit Sublímem ad cæli régiam. |
Offrons nos actions de grâces
à l’auteur de notre salut, pour avoir élevé en sa personne notre propre chair jusqu’aux honneurs des célestes palais. |
| Sit nobis cum cæléstibus
Commúne manens gáudium: Illis, quod semet óbtulit, Nobis, quod se non ábstulit. |
Que la joie soit commune
entre nous et les Anges ; car s’il vient s’offrir à leurs regards, nous pouvons dire qu’il n’a pas rompu avec nous. |
| Nunc provocátis áctibus
Christum exspectáre nos decet, Vitáque tali vívere, Quæ possit cælos scándere. |
Ce qui nous reste à faire,
c’est d’attendre le Christ dans la pratique des bonnes œuvres, et de mener une vie qui soit digne des cieux. |
| Glória tibi, Dómine,
Qui scandis super sídera, Cum Patre et Sancto Spíritu In sempitérna sǽcula. Amen. |
À vous, Seigneur, qui vous élevez
au-dessus des astres, gloire et honneur, avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles éternels. Amen. |
>> à lire également : Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime







