DOSSIER n° 1856 : « Jubilé de Pellevoisin : 150 ans de dévotion discrète »
Alors que le sanctuaire de Notre-Dame de Pellevoisin célèbre une année jubilaire, son recteur, le père Laurent Flichy, de la Communauté Saint-Jean, explique le sens de cet événement qui donne une nouvelle visibilité à ce lieu trop peu connu aujourd’hui encore.
| Vous venez de recevoir les Journées nationales des Guides et Scouts d’Europe pendant trois jours à Pellevoisin. Le jubilé du 150ᵉ anniversaire des apparitions donne-t-il une nouvelle visibilité au sanctuaire en le faisant connaître plus largement ?
Le renouveau de visibilité du sanctuaire a commencé avec l’épopée du « M de Marie », il y a six ans. Ce pèlerinage en calèche a permis à beaucoup de gens de découvrir Pellevoisin. Peu avant, Mgr Jérôme Beau avait demandé l’accord de la Conférence des évêques de France pour ouvrir le procès de béatification d’Estelle Faguette, la voyante de Pellevoisin. Puis s’est enclenché un travail laborieux avec la curie romaine, de telle sorte qu’en 2024, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a soumis à la signature du pape François un nihil obstat en faveur du sanctuaire. Ce texte, non seulement n’émet aucune réserve, mais encourage la dévotion : « Ce sera assurément un bien pour toute l’Église. » Le jubilé est bien sûr également l’occasion d’étendre le rayonnement du sanctuaire. D’un point de vue local, pour de multiples raisons historiques, les apparitions étaient restées sous le boisseau, même dans le diocèse, un doute subsistait ici ou là. Au niveau national, je crois profondément qu’un regard sur la synergie des cinq manifestations mariales du XIXᵉ siècle est précieux pour percevoir comment les chrétiens peuvent vivre selon Dieu les épreuves de notre temps. Même si la Vierge Marie ne l’a pas annoncé comme tel, on peut remarquer dans ces cinq apparitions une pédagogie pour redécouvrir la grâce du baptême : à la rue du Bac en 1830, en invoquant l’Immaculée, on fait une profession de foi en Dieu agissant dans sa vie. À La Salette en 1846, la Vierge invite à renoncer au mal et à la conversion. À Lourdes en 1848, la source renvoie au bain de régénérescence qui confère la dignité d’enfant de Dieu. À Pontmain en 1871, une nuit de ténèbres, le pays envahi, la prière fait advenir la lumière intérieure.…







