Carte blanche : L’avenir de l’agriculture

Publié le 13 Juin 2026
agriculture

© Ethereal Optic/Unsplash

> Carte blanche à Judith Cabaud

  Alors que l’agriculture entretient la nature et fait vivre les créatures que nous sommes, un grave mécontentement affecte aujourd’hui les éleveurs et les cultivateurs en France. Un jeune paysan d’Auvergne nous explique un peu le fond du problème : il ne s’agit pas seulement de la vie quotidienne – les longs horaires, l’absence de vacances et des rémunérations faibles –, dit-il, car le travail d’un agriculteur est illimité : il produit de la nourriture en qualité et en quantité suffisante pour la subsistance de toute une population. Son rôle primordial et difficile consiste à prendre soin de la terre, à optimiser les énergies nécessaires à sa besogne, à préserver le bon état de l’environnement, afin de satisfaire l’approvisionnement du marché étendu à l’ensemble des pays européens. Dans ce vaste territoire, nos richesses agricoles s’échangent déjà librement entre 27 pays. Les pays de l’Union se suffisent ainsi à eux-mêmes pour la survie de leurs citoyens.

Le vrai problème

Le problème apparaît quand d’autres marchés extérieurs à l’Europe proposent d’acheter nos produits industriels et technologiques en échange de leur production agricole, concurrente de la nôtre, et dont nous n’avons pas besoin. Les vins, les viandes, les produits laitiers et les cultures sont amplement développés en Europe. Pourquoi devons-nous acheter ailleurs ce que nous faisons nous-mêmes, pour permettre à certains autres pays de vendre leurs automobiles ? C’est le problème du Mercosur : les agriculteurs français se plaignent à juste titre de cette commercialisation de dupes qui veut nous faire accepter des produits d’élevage et de culture à bas prix, sans exigences sanitaires, issus du travail au rabais des hommes sous-payés ou des machines. Y a-t-il une solution ? Oui. D’abord à court terme, que les pays de l’Union européenne constituent un ensemble solide et réforment l’ancienne politique agricole commune en créant un bloc agricole indépendant qui aurait le pouvoir d’éliminer les chantages : industrie contre agriculture. À long terme, cela pourrait éviter de faire de nos paysans des hommes-robots qui appuient sur des boutons en obéissant à l’Intelligence artificielle. L’Europe doit devenir autosuffisante en matière agricole et être capable de nourrir toute sa population avec sa propre production avant de faire du commerce international.


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Judith Cabaud

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