Le Royaume de Dieu, notre premier but

Publié le 30 Août 2026
liturgie royaume de dieu bien

Saint Jean Chrysostome éclaire les chrétiens sur le renoncement aux biens de ce monde.

Pour sauver sa vie, il faut non seulement vivre dans le détachement des richesses terrestres, mais aussi dans le renoncement à soi-même. Une véritable richesse en découle, celle de la Vérité et de l’union au Christ.

 

« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent » : ainsi nous avertit Jésus au début de l’évangile de ce dimanche (MR 1962 ; Mt 6, 24-33). « Quiconque est esclave des richesses, commente saint Augustin († 430), s’attache à un maître dur et à une domination funeste ; enchaîné par sa cupidité, il subit la tyrannie du démon, et certes, il ne l’aime pas – car qui peut aimer le démon ? – mais cependant il le supporte » (Du Sermon sur la Montagne ; BR 1568).

Jésus continue par une leçon sur la confiance en la Providence, qu’il conclut par cette consigne fameuse : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. »

S’agit-il d’opposer la recherche de Dieu et celle des biens matériels ? Saint Jean Chrysostome († 407) nous éclaire : « Si vraiment nous donnons la première place aux réalités spirituelles, nous n’aurons pas à nous préoccuper des biens matériels, car Dieu, dans sa bonté, nous les procurera en abondance. Si, au contraire, nous veillons uniquement à nos intérêts temporels sans prendre soin de notre vie spirituelle, le souci constant des choses terrestres nous conduira à négliger notre âme. Nous perdrons alors les biens spirituels et n’en retirerons aucun avantage matériel. Ne renversons donc pas, je vous en prie, l’ordre des choses » (Catéchèses baptismales).

La collecte va dans le même sens, qui demande à Dieu que l’Église « soit toujours arrachée par [ses] secours à ce qui lui est nuisible et guidée vers ce qui doit la sauver ».

Être disciple du Christ

C’est à un autre ajustement aux desseins de Dieu que nous invite l’évangile (Mt 16, 21-27) lu dans le Missel romain de 1970 : « Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup (…), être tué, et le troisième jour ressusciter. » Pierre refuse cette perspective et se voit traiter par son Maître de « Satan », car « [s]es pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ».

S’ensuit un enseignement de Jésus sur le renoncement nécessaire à qui veut être son disciple : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. »

Ce n’est pas un hasard si le Missel romain de 1962 reprend la seconde partie de ce passage (v. 24-27) comme évangile d’une messe du Commun des Martyrs. Le Missel romain de 1970 l’attribue, quant à lui, à deux passionnés du Crucifié : les saints Padre Pio (23 septembre) et Paul de la Croix (19 octobre). En France, c’est, dans les deux missels, celui de sainte Jeanne d’Arc (30 mai).

« Ô bienheureux dommage, ô bienheureuse perte ! s’exclame saint Hilaire de Poitiers († 367). Le Seigneur a voulu nous enrichir au détriment de la vie et du corps » (Sur Matthieu ; Propre de France). Pour saint Grégoire le Grand († 604), « si nous venons à lui, le Seigneur nous commande de nous détacher de nos biens, car en entrant dans le combat de la foi, nous entreprenons de lutter contre les esprits malins, qui ne possèdent absolument rien en ce monde » (BR 1568 ; Homélie 32 sur les Évangiles).

Sur le renoncement à soi-même, le saint pape donne cette explication : « Quittons-nous nous-mêmes, tels que nous nous sommes faits en péchant, et demeurons nous-mêmes, tels que nous avons été faits par le don de Dieu. Voilà quelqu’un qui était orgueilleux : s’il devient humble en se convertissant au Christ, il s’est quitté lui-même » (ibid.).

Saint Jean Chrysostome explique ainsi le niveau d’exigence de Jésus : « Plus il chérit une âme, plus il veut qu’elle contribue pour sa part à son bonheur et à sa gloire. Il ne peut souffrir que sa grâce fasse tout en elle et qu’elle n’y réponde pas par ses propres travaux » (Homélie sur Matthieu 55).

 

Le motu proprio Traditionis Custodes ayant comme supprimé les notions de formes ordinaire et extraordinaire du rite romain, nous utilisons désormais les abréviations suivantes : MR 1962 pour « Missel romain de 1962 » ; BR 1568-1961 pour « Bréviaire romain de 1568 à 1961 » (jusqu’alors « forme extraordinaire ») ; MR 1970-2002 pour « Missel romain de 1970 à 2002 » et LH 1971 pour « Liturgie des Heures de 1971 » (jusqu’alors « forme ordinaire »).

 

>> à lire également : DOSSIER | Kateri Tekakwitha et la Nouvelle-France (2/4) : Sainte Kateri, le Lys des Mohawks

 

Pierre Julien

Pierre Julien

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Séquence Ave Maria

La séquence Ave Maria est une authentique petite merveille de grâce et de pureté. C'est une salutation à la sainte Vierge qui devient louange puis prière. La mélodie est porteuse et facile à retenir parce qu'elle est alternée et se répète de deux phrases en deux phrases. Il s’agit d'un 6ᵉ mode, celui de l'enfance spirituelle.

+

grégorien Ave Maria
À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeHistoire

Kateri Tekakwitha et la Nouvelle-France (2/4) : Sainte Kateri, le Lys des Mohawks

DOSSIER « Sainte Kateri Tekakwitha, la sainteté en Nouvelle-France » | Née en 1656 et morte en 1680 à l’âge de 24 ans, Kateri Tekakwitha est la première autochtone d’Amérique du Nord à avoir été canonisée. En apostolat au Canada, l’abbé Jacques Breton, de la Fraternité Saint-Pierre, souligne combien cette pure figure rappelle la haute vocation de la France dans l’ordre de la Providence.

+

Kateri Tekakwitha
À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeHistoire

Kateri Tekakwitha et la Nouvelle-France (3/4) : Trois portraits pour une histoire

DOSSIER « Sainte Kateri Tekakwitha, la sainteté en Nouvelle-France » | Il faudrait des volumes pour retracer les vies des grands acteurs de la présence française au Canada et de la diffusion du catholicisme. Parmi beaucoup d’autres, un explorateur, un notable et une religieuse donnent une certaine idée de l’aventure catholique et française en Amérique du Nord.

+

nouvelle-france