Pour l’angélus du 6 septembre, Léon XIV a commenté la lettre aux Romains dans laquelle saint Paul réaffirme le commandement de la charité – « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » – et exhorte à la dette de l’amour mutuel par la correction fraternelle et la prière commune.
Le pape Léon XIV a encore eu une semaine chargée : le 3 septembre, recevant des séminaristes des Pouilles, il les encourageait dans le mystère de leur vocation à partir du mystère de la beauté. Le 7 septembre, veille de la Nativité de Notre-Dame, il se rendait au sanctuaire de la Vierge du Bon Conseil à Genazzano. Enfin, le 9, lors de l’audience du mercredi, il poursuivait son enseignement catéchétique sur le Concile en commentant la Constitution pastorale Gaudium et Spes et en insistant particulièrement, à la lumière de son encyclique, sur la dignité humaine comme don et responsabilité.
Cependant, nous préférons commenter l’allocution prononcée lors de l’angélus du 6 septembre en raison du thème choisi : celui de la correction fraternelle qui n’est pas du goût de beaucoup aujourd’hui, mais qui selon l’enseignement de l’Église et de saint Thomas d’Aquin, fait partie intégrante de la charité. En effet, corriger avec prudence, autorité et une fermeté pleine d’affection, des jugements et des comportements erronés non seulement n’est pas à la mode, mais encore, même dans les bons milieux, est souvent perçu comme une faute contre la charité.
La Parole de Dieu offre au Pape quelques critères de réflexion. Dans la lettre aux Romains, saint Paul affirme que la loi est la perfection de la charité : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Saint Paul insiste même à l’aide d’une image que l’on retrouve également dans le Notre Père : celle de la dette de l’amour mutuel.
Jésus nous a enseigné à invoquer et à pratiquer la remise des dettes. Il existe cependant une dette que nous avons les uns envers les autres, sans pour autant en rester prisonniers, celle précisément de l’amour mutuel. L’attention, le soin et le bien que nous avons reçus nous rendent plus libres et plus aptes à assumer nos responsabilités envers le prochain aimé comme nous-mêmes.
Dans l’Évangile du même dimanche, Jésus suggère à chaque communauté chrétienne au moins deux façons d’exercer cet amour mutuel. La première consiste à pratiquer la correction fraternelle. Il s’agit là d’un art délicat, mais nécessaire et hélas trop souvent oublié. Elle exige franchise et progressivité. Se parler sincèrement – d’abord en tête-à-tête, puis si nécessaire à deux ou à trois, et enfin, quand il le faut, avec toute la communauté – c’est affronter la réalité et transformer les problèmes et les conflits en étapes de croissance.
Les plaintes et les médisances sont faciles, mais elles ne mènent à rien et paralysent bien des situations. Le pape François n’avait cessé de nous le rappeler. L’Évangile, en revanche, nous éduque à la liberté dans la charité.
Il existe ensuite une deuxième manière d’aimer fraternellement, qui, selon Jésus, transforme même la prière : se mettre d’accord. Non seulement en cas de conflit, mais aussi pour demander à Dieu un don quelconque. Le Seigneur dit :
« Si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. »
Cette promesse suggère que nous pouvons avoir des désirs communs, des souffrances communes, des espoirs communs, et grandir dans l’unité par la prière. Sans la foi, chacun pourrait se sentir seul et se méfier des autres, les considérant comme des étrangers, ou même des ennemis. Par la grâce, nous sommes au contraire des frères et sœurs capables de nous mettre d’accord, en nous rencontrant, en nous pardonnant et en nous écoutant dans le Seigneur.
Que Marie, qui, après l’annonce de l’ange, s’est empressée de rejoindre sa cousine Élisabeth pour partager la joie et les difficultés de sa grossesse, nous enseigne aussi le devoir joyeux de l’amour fraternel qui inclura toujours la correction fraternelle et le pardon.
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