Du 19 au 21 octobre 2026, le Dicastère pour la Cause des Saints organisait un congrès international sur « La sainteté dans l’Histoire ». Dans son discours de clôture, Léon XIV a affirmé que « l’histoire du monde sans les saints serait plus pauvre et moins humaine ». Il a aussi insisté sur la nécessité d’une rigueur historique stricte dans les processus de canonisation.
Le Dicastère des causes des saints, qui juge des procès en béatification et en canonisation et se prononce sur l’authenticité des reliques, a organisé à Rome un congrès sur la sainteté dans l’histoire. Il y a désormais quatre voies pour être déclaré bienheureux : celle de l’héroïcité des vertus, celle du martyre, celle traditionnelle par équipollence (ou reconnaissance de culte qui concerne les causes anciennes), et enfin celle, toute nouvelle, décrétée par le pape François, du don de la vie. Une personne qui donne sa vie pour une autre pourra désormais être déclarée bienheureuse, si du moins un miracle lui est reconnu.
Pour les procès de béatification et de canonisation, l’enquête inclura la recherche des écrits du futur bienheureux ou saint ; la renommée de la sainteté, des vertus pratiquées héroïquement, du don de sa vie pour une personne en danger ou du martyre. L’enquête portera aussi sur la reconnaissance de non culte. Enfin, sauf pour les martyrs, un miracle est nécessaire (un pour la béatification ; un autre pour la canonisation). La sainteté canonisée exige donc d’être prouvée par des témoignages authentiques, crédibles, et au-delà de tout soupçon.
Ce dossier pourrait vous intéresser :
Ajoutons que la sainteté n’est pas le privilège de quelques-uns. L’appel universel à la sainteté proclamé par le dernier Concile se situe dans la droite ligne de l’enseignement biblique, magistériel et traditionnel. Dans le livre du Lévitique, Dieu, à plusieurs reprises, dit aux Juifs : « Soyez saints, parce que Je suis Saint. » Jésus reprendra cette injonction en ces termes : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Jean-Paul II, au début de son pontificat, disait à des jeunes : « Soyez des saints et rapidement. »
Rapport entre sainteté et histoire
Le thème choisi pour ces journées d’étude visait à approfondir le rapport entre sainteté et histoire. À cette fin, le travail de la Commission historique au niveau diocésain et celui des rapporteurs et consulteurs du Dicastère revêtent un rôle essentiel. Ce fut précisément Pie XI, historien de grande autorité, qui institua, dans ce qui était alors la Sacrée Congrégation des rites, la section historique, en utilisant la méthode historique-critique à l’usage spécifique des causes des saints. Cela concernait a priori les causes anciennes.
Mais le traitement des causes récentes exige lui aussi une vérification sérieuse et rigoureuse de tout le matériel recueilli. Les causes des saints utilisent les instruments propres de l’étude de l’histoire, même si leur fin n’est pas de faire de l’historiographie, mais plutôt de faire ressortir l’exemplarité, la spiritualité et la renommée de sainteté des candidats aux autels.
Au fil des époques, le profil des saints peut connaître lui aussi une évolution, non pas pour suivre les stéréotypes du moment, mais pour interpréter l’expérience contingente à travers les catégories de l’Évangile vécu. Ainsi, situer le témoignage d’un saint ou d’une sainte dans le contexte dans lequel il ou elle a vécu est très important. Le peuple de Dieu cherche des modèles pour habiter le présent, des intercesseurs qui aident les membres de l’Église à affronter les défis actuels et à en reconnaître les opportunités.
N’oublions pas toutefois que l’acte solennel de la canonisation transcende la contingence historique. À travers lui, en effet, le Successeur de Pierre non seulement approuve mais aussi indique à toute l’Église des témoins crédibles de l’Évangile, capables de parler à toute époque. Il engage même son infaillibilité par un acte solennel.
Des saints de leur temps
Il faut tenir compte aussi du fait que la présence et le témoignage des saints ont transformé l’Histoire. Illuminés par la grâce, ils ont su écouter les appels de leur temps, en alliant foi et histoire, et en consacrant leur vie à édifier la réalité nouvelle du Royaume de Dieu. L’Histoire du monde sans les saints serait infiniment plus pauvre, c’est-à-dire moins humaine. Cela est vrai non seulement pour un saint Louis ou un bienheureux Charles de Habsbourg, mais aussi pour une bienheureuse Anne-Marie-Taïgi : Napoléon lui-même reconnaissait que c’était elle qui l’avait battu à la bataille de Waterloo.
Le témoignage des saints, profondément ancrés dans la réalité concrète de leur époque, nous rappelle la force innovatrice et transformatrice de la Pâque. Ils nous montrent une histoire façonnée par la foi.
Demandons à Marie Reine des saints de nous conduire tous à la sainteté.
>> à lire également : La Toussaint : fête des vivants







