L’exposition : Francisco de Zurbarán (1598-1664) et Sculpter la couleur

Publié le 06 Nov 2026
zurbarán

Francisco de Zurbarán, Borreguillo (petit mouton) © Photographic Archive. Museo Nacional del Prado, Madrid

Jusqu’au 25 janvier 2027, le Louvre propose deux expositions conjointes sur l’art espagnol du Siècle d’Or, d’un côté les peintures de Francisco de Zurbarán, et de l’autre des sculptures de différents artiste prêtées par le Museo Nacional de Escultura de Valladolid.

 

Deux expositions conjointes et pourtant distinctes mettent à l’honneur des œuvres de l’Espagne catholique du XVIIᵉ siècle. L’une présente une cinquantaine de peintures de Francisco de Zurbarán, l’autre des sculptures de différents artistes de la même époque.

Dès l’entrée, la Sainte Face (ou le Voile de Véronique) peinte par Zurbarán témoigne de la foi si présente en ce grand pays à l’époque de la Contre-Réforme. Puis ce sont des tableaux monumentaux montrant l’aspect sculptural des réalisations du maître. Son Christ en croix en est un exemple remarquable. 

Ce parcours chronologique et thématique donne à voir de véritables chefs-d’œuvre. Le splendide petit tableau de l’Agnus Dei (1635-1640) réaliste et bouleversant, dont le musée du Prado a eu l’audace de changer le titre en Petit Mouton (Borreguillo), illustre parfaitement la dimension mystique de la peinture de Zurbarán.

De nombreuses représentations de l’Immaculée Conception, sous les traits d’une jeune fille pure, infiniment douce, entourée d’une nuée de visages d’anges apparaissant discrètement dans les nuages confirment sa vision inspirée.

De grands portraits en pied de saintes (Sainte Casilda, v. 1635), véritables chefs-d’œuvre, manifestent sa dextérité inouïe dans le rendu des étoffes. En effet, l’épaisseur du brocard de velours de la robe, qui contraste avec le cassant du taffetas de soie du manteau, est presque palpable, comme le commente l’une des commissaires de l’exposition, tandis que les visages d’un modelé délicat sont éclairés par une puissante lumière.

Expo 1865 Francisco de Zurbaran Sainte Casilda © Museo Nacional Thyssen Bornemisza Madrid zurbarán

Francisco de Zurbarán, Sainte Casilda, v. 1635. Huile sur toile. Madrid, Museo Nacional Thyssen-Bornemisza © Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid.

Né en Estrémadure, province espagnole située entre Lisbonne et Madrid, dans une famille de marchands, Zurbarán partit très jeune se former à Séville où il exerça l’essentiel de sa carrière, y recevant de nombreuses commandes de couvents. Il eut comme ami Velázquez qui l’introduisit peut-être à la cour de Madrid où il participa à la décoration du Palais Buen Retiro. Sa peinture, marquée par la Contre-Réforme, présente surtout des sujets religieux, quelques portraits et des natures mortes magnifiques.

Sculpter la couleur

À proximité de cette magistrale exposition, vingt-trois sculptures, prêtées par le Museo Nacional de Escultura de Valladolid, sont rassemblées, dévoilant des œuvres d’un réalisme saisissant, caractéristique de la sensibilité religieuse de l’Espagne au siècle d’or. 

0ec3cfa13f185b909d71629d975cdc25 1500x996 1 zurbarán

Gregorio Fernández, Paso Camino del Calvario © Museo Nacional de Escultura, Valladolid

À ne pas manquer !

 


Du 7 octobre 2026 au 25 janvier 2027.

Musée du Louvre

zurbaran sculpter la couleur.jpg zurbarán

 

>> à lire également : DOSSIER | Trésor de la liturgie byzantine (1/3) : Ce que je dois au rite byzantin

 

Céline Vicq

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLéon XIV

Voyage du Pape en Amérique du Sud : insuffler un nouvel élan missionnaire

Léon XIV s’est envolé ce 6 novembre pour l’Uruguay, première étape de son voyage de douze jours en Amérique du Sud, qui doit se poursuivre par l’Argentine puis le Pérou, sa deuxième patrie, qu’il a servie pendant plus de vingt ans. Comme en France, les billets ont été épuisés rapidement, et des milliers voire des millions de fidèles sont attendus à chaque étape.

+

voyage du pape Amérique du Sud
À la uneSociétéÉducation

Crise lycéenne : quand on ne sait plus nommer le bien

C’est logique ! de François-Marie Portes | Les lycéens expriment un vrai mal-être et les pouvoirs publics leur répondent sur le même thème. Personne ne revient sur ce qu’est l’école et sur ce qu’elle doit donner. C’est bien pourquoi la colère naît et accouche de la haine, faute que soit jamais posée la question fondamentale du bien qui est poursuivi.

+

crise lycéenne
À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLiturgie

Trésor de la liturgie byzantine (3/3) : Une voix venue de l’Orient

DOSSIER « Le trésor de la liturgie byzantine » | Né au cœur de l’Orient chrétien, le chant byzantin traverse près de deux millénaires d’histoire. Il plonge ses racines dans les premières traditions de l’Église et s’est façonné au fil des siècles entre Jérusalem, Antioche et Constantinople. Johnny El Kassis, chantre à l'église Saint-Julien-le-Pauvre, à Paris, que dessert la communauté catholique grecque-melkite, nous évoque ce trésor transmis jusqu’à aujourd’hui.

+

liturgie byzantine chant orient
À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLiturgie

Trésor de la liturgie byzantine (2/3) : (Re)découvrir le rite byzantin

DOSSIER « Le trésor de la liturgie byzantine » | La chapelle consacrée aux chrétiens d’Orient dans Notre-Dame de Paris rénovée poussera-t-elle les catholiques latins à découvrir les rites, trop souvent incompris ou ignorés, des Églises catholiques orientales ? Ces rites trouvent tous leur origine, comme notre rite latin traditionnel, dans l’héritage directement reçu des apôtres, notamment le rite byzantin.

+

rite byzantin liturgie