La Fraternité Saint-Pierre expulsée de Quimper : des paroissiens révoltés

Publié le 31 Mai 2024
quimper
En mai 2024, l’évêque de Quimper a expulsé la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) de la paroisse de Sainte-Sève (29). En 2016, Monseigneur Dognin avait signé une convention avec la Fraternité Saint-Pierre, confiant à ses soins les fidèles de cette église. Pourtant, il a officialisé sa décision de retirer ces prêtres par une lettre aux paroissiens, le 19 mai 2024.  

 

La situation était déjà tendue entre les paroissiens et leur évêque depuis qu’il leur avait adressé un premier courrier en décembre dernier, exprimant qu’il se rétractait au sujet des deux prêtres FSSP. Les paroissiens de Sainte-Sève espéraient que les choses s’arrangeraient puisqu’ils sont très attachés à la liturgie tridentine et à leur paroisse mais le communiqué du 19 mai officialise malheureusement la décision. Elle annonce non seulement le renvoi des deux prêtres actuels mais aussi la fin de toute vie paroissiale.

Monseigneur Dognin retire les messes en semaine, le Triduum Pascal, la Fête-Dieu, les baptêmes, les mariages, les obsèques, le catéchisme des enfants et les formations pour adultes. À partir du 1er septembre 2024, il ne restera plus que trois messes dominicales selon l’ancien rite dans tout le diocèse, célébrées à tour de rôle par des prêtres diocésains remplaçants, tout le reste sera supprimé.

L’évêque ne donne aucune raison à cette décision si ce n’est l’appel de saint Jean-Paul II à un approfondissement de la réforme liturgique issue du concile Vatican II. Il appelle les paroissiens de Sainte-Sève à « vivre ensemble un renouvellement de notre manière de vivre et de célébrer les sacrements (…) que nous pouvons renforcer notre communion autour du christ » 

Depuis, ces paroissiens dénoncent chaque jour l’injustice qu’ils subissent. Ils ont écrit une lettre à Monseigneur de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des Évêques de France (CEF). Ils lui confient les mensonges de leur évêque et l’injustice dont ils sont victimes. La première tromperie est que Monseigneur Dognin a déchiré la convention qui stipule que la FSSP peut célébrer la messe sous l’ancien rite à Sainte-Sève. Or il y a contradiction puisqu’il avait visité la paroisse quelques mois avant et avait alors renouvelé cette convention. Pourquoi changer tout d’un coup d’avis ?

La seconde injustice est que Monseigneur Dognin s’autorise à parler pour « l’Église en général » en expulsant les prêtres.  Alors que, selon le Pape François, le charisme propre de la FSSP doit être mis  toujours davantage au service de la communion ecclésiale. Elle n’est donc pas un obstacle à cette dernière. Ils écrivent : « C’est donc notre évêque qui est en désaccord avec le Pape, pas la Fraternité Saint-Pierre ! »   

L’évêque semble penser que la liturgie traditionnelle est appelée à disparaître, pourtant elle attire et convertit. Le pèlerinage de Chartres l’a bien montré par le nombre de marcheurs, la jeunesse et la diversité des participants présents chaque année. 

De nombreuses mobilisations ont lieu à Quimper en réponse à la décision de l’évêque. Elles ont commencé le dimanche 5 mai lorsque 300 fidèles catholiques se sont rassemblés devant l’évêché pour demander le rétablissement de la convention signée entre l’évêque de Quimper et la FSSP. Une nouvelle mobilisation aura lieu le dimanche 16 juin à Quimper pour montrer publiquement la douleur et l’injustice de cette décision brutale et infondée.

Des chapelets sont aussi organisés devant l’évêché tous les mardis à dix-neuf heures. Pendant ce temps-là, le diocèse de Quimper et Léon reposte sur X une publication du mouvement « Place république » qui rappelle l’importance de se « mobiliser pour les droits LGBTQI+ »…

 

Mise à jour : ce vendredi 31 mai, le diocèse de Quimper et Léon a supprimé son compte X. Depuis hier, leur soutien à la communauté LGBTQI + a été vivement critiquée sur les réseaux sociaux. 

 

>> à lire également : La couronne de Notre-Dame de Consolation, une prière pour réparer nos fautes

 

Aleth Moignet

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