La laïcité, religion séculière
Avec sa Charte de la laïcité, Vincent Peillon a fait des remous et s'est offert une publicité à bon compte. Depuis que la communication a remplacé la politique, exister pour un élu ou un ministre consiste avant toute chose à alimenter le bruit médiatique, quitte à ne rien réussir sur le terrain. À ce petit jeu de la société du spectacle, un autre ministre, celui de l'Intérieur, représente le parfait champion.
Présenté comme l'opposant au garde des Sceaux, Christine Taubira, égérie jusqu'au-boutiste de l'idéologie droit-de-l'hommiste, Manuel Valls passe pour un dur, presque pour un homme de droite, en tous les cas pour un Républicain droit dans ses bottes. Mais pendant ce temps-là, Marseille est à feu et à sang, d'autres villes de France prennent le même chemin et le maire de Lessay (50) ainsi qu'une grande partie de son conseil municipal démissionne après les vols punitifs exercés par les gens du voyage mécontents des décisions de la commune. Et les chiffres parlent ! Publiés par Le Figaro aujourd'hui, ils montrent un accroissement de l'insécurité.
Dans ce contexte, le gouvernement n'a pas d'autre urgence que d'imposer toujours un peu plus son idéologie. La laïcité en constitue évidemment un pont avancé. On s'offusque de cette laïcité intolérante, qui viserait surtout la communauté musulmane (mais sans le dire), au risque de lui faire subir les mêmes avanies que les catholiques en 1905.
Le sectarisme de Vincent Peillon est évident. Ces sous-entendus politiques également, même si le catholicisme est également en ligne de mire. Reste que la laïcité, dans sa dernière version, est remise en cause dans ses points d’application – aujourd’hui cette Charte peillonesque –, mais jamais dans son fondement. On oublie trois choses...





