Instrumentum Laboris, l’ambiguïté doctrinale au sommet de l’Eglise

Publié le 08 Juil 2023
instrumentum laboris

Aboutissement d’un processus de trois ans, le document préparatoire au synode des évêques de cet automne soulève beaucoup d’interrogations. Après consultations dans les diocèses puis au niveau des conférences épiscopales, le secrétariat de ce prochain événement – sur le thème « Une Eglise synodale, communion, participation, mission » – a publié un texte dont les ambiguïtés inquiètent. Entretien avec Mgr Athanasius Schneider qui souligne l’inévitable confusion qui en découle.   Quel est le rôle de l’Instrumentum Laboris du prochain synode ? Instrumentum Laboris est un texte de travail qui a pour rôle de proposer des discussions pour le synode qui aura lieu en octobre prochain. Son thème est la synodalité. Un thème très général et vague. Le but est donc de discuter des processus de consultation à tous les niveaux de la vie de l’Eglise, de prendre des décisions communautaires avec la participation des laïcs, afin d’avoir une Eglise synodale. Quelle a été votre réaction en le lisant ? Tout d’abord, cette expression d’Eglise synodale est nouvelle : elle ne se trouve pas dans le Credo qui parle d’« Eglise une, sainte, catholique et apostolique ». Il s’agit donc de la création d’une idée, d’un concept nouveau : une Église dite synodale qui correspond difficilement à la doctrine prêchée et transmise depuis les apôtres. Or, cette nouveauté m’inquiète beaucoup car elle met en danger la structure divine et hiérarchique de l’Eglise, de telle sorte que la hiérarchie devient quasiment dépendante de la structure de décision. Certes, la dernière parole lui revient, mais en pratique, ces nouveautés de structures synodales font un grand dommage en diminuant la liberté de la hiérarchie dans ses actions et ses décisions. La différence substantielle entre le magistère et les fidèles devient confuse. Il s’agit de l’influence du protestantisme et de la sphère civile, alors même que l’Eglise est une organisation divine. J’essayerai de faire un bref texte d’appel à la prière et à la réflexion sur les dangers qui sont contenus dans ce texte. Quels en sont les principaux ? Il y a d’abord la promotion indirecte de l’homosexualité : le texte dit que les paroisses doivent accueillir les catholiques LGBTQ+, et les personnes polygames. Que veut dire « accueillir » ? C’est très vague et ambigu ! Il existe depuis des décennies des messes pour les personnes dites LGBTQ+, afin de justifier le péché de l’homosexualité, en disant à ces gens qu’ils peuvent continuer à vivre ainsi. C’est une grande irresponsabilité d’encourager ces âmes…

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Marguerite Aubry

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