La joie de l’Ascension

Publié le 28 Mai 2025
ascension

©Photo. R.M.N. / R.-G. OjŽda

> L’esprit de la liturgie
Privation nécessaire pour recevoir l’Esprit Saint, l’Ascension du Christ fut pour les Apôtres une joie mêlée de tristesse. Celle-ci se reflète dans la liturgie. L’attente du Paraclet promis par le Sauveur doit se faire ensuite dans la prière pour toute l’Église.

  « Exauce, Seigneur, ma voix qui crie vers toi : mon cœur te l’a dit, j’ai cherché ta face, Seigneur, je chercherai ton visage, ne me cache pas ta face » (Ps 26, 7-9). Par ces mots s’ouvre la messe de ce dimanche après l’Ascension. Le visage du Christ, rendu d’autant plus cher aux Apôtres après la Résurrection qu’il s’était une première fois soustrait à leur regard sous les blessures de sa Passion et dans l’ombre de la mort, n’est plus à leur portée, élevé qu’il a été dans la gloire des cieux. Une telle nostalgie correspond-elle à ce que nous disent les textes sacrés des sentiments des amis de Jésus ? La fin de l’Évangile de saint Luc nous dit que lorsque Jésus s’éleva dans les cieux, « ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, avec une grande joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple, louant et bénissant Dieu » (Lc 24, 52-53). De fait, devant la gloire de Jésus, la liturgie nous exhorte à la joie, en reprenant le psaume 46 : « Battez des mains, tous les peuples ; acclamez Dieu par des cris d’allégresse. (…) Dieu s’élève parmi les acclamations et le Seigneur au son de la trompette » (v. 2 et 6 ; introït de la fête et offertoire du dimanche). Une hymne du Xe siècle justifie cette joie : « Quelle immense joie pour tous : le Fils que la Vierge enfanta, après les crachats, les fouets, la croix, monte s’asseoir auprès du Père. Comme trophée du grand combat où il terrassa le prince de ce monde, il présente aux regards du Père la gloire de son corps victorieux. Porté par la nuée lumineuse, il devient l’espoir des croyants ; il ouvre enfin le paradis fermé par nos premiers parents » (Optatus votis [Liturgia Horarum 1971]). Pourtant, dans notre introït, cette joie se voile d’une certaine mélancolie, comme l’antienne du Magnificat de la fête qui a le côté à la fois solennel des antiennes O de l’Avent : « Ô Roi de gloire, Dieu des forces célestes, qui vous êtes élevé…

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Pierre Julien

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