Le chaos organisé

Publié le 19 Juil 2024
chaos

La perte des repères humains et politiques mène à la violence. © CC BY SA 4.0, Gerd Eichmann

Si la France se trouve dans une désastreuse situation de désordre institutionnel et social, c’est bien par une volonté dont témoignent d’ailleurs les propos du chef de l’État. Mais il ne s’agit pas seulement d’une basse manœuvre politicienne pour rester au pouvoir. Se dessine là la vraie nature de la postmodernité, qu’il s’agit avant tout de bien comprendre pour y opposer une action structurée tendue vers le bien de la Cité.

  « Je leur ai balancé ma grenaille dégoupillée dans les jambes. » C’est en ces termes que le président de la République a expliqué à un proche sa décision de dissoudre l’Assemblée nationale après les élections européennes. Celui qui, par sa fonction, est parfois qualifié de « père de la nation » – reste d’une vieille tradition monarchique –, celui qui est en principe le premier chargé du bien commun de notre pays a créé volontairement les conditions d’une situation de chaos et s’en est réjoui. Le procédé est machiavélique, ont pu dire certains commentateurs. C’est à nos yeux pire encore, car si le Florentin justifiait l’usage de tous les moyens, bons ou mauvais, tant qu’ils étaient efficaces, il s’agissait pour lui d’agir pour conserver l’État. La dissolution décidée au mois de juin crée au contraire un risque de déstabilisation de l’État et des institutions, mais elle préservera, soyons en sûrs, les lois permissives et déconstructivistes de la dernière décennie.

Chaos politique, intellectuel et institutionnel 

L’initiative provient du président sous le mandat duquel la PMA a été légalisée, le « droit » à l’avortement constitutionnalisé et alors que nous nous apprêtions à voir l’euthanasie autorisée par le législateur. Il n’y a là rien d’étonnant. Tout se tient, car le chaos politique suit logiquement le délitement des élites, la confusion dans les esprits, l’affaiblissement des volontés, l’effondrement démographique, la politique migratoire et la repentance systématique à l’égard du passé de la France. Le désordre, y compris dans les rues, la dislocation des institutions, la défiance à l’égard de quiconque ne sont que les conséquences concrètes d’une perte des repères humains et politiques naturels. Nous savons aussi qu’un pays qui fait du sacrifice des plus petits (L’avortement) un fondement de son régime ne peut prétendre à la paix. Cependant, une telle décision s’inscrit aussi dans une logique politique caractéristique des profondes mutations de la postmodernité. Cette dernière…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Joël Hanteert

Ce contenu pourrait vous intéresser

Société

Les maux de la jeunesse contemporaine

L’Essentiel de Thibaud Collin | Jeune auteur, Pierre Valentin vient de publier chez Gallimard Malaise dans la génération Z, un essai pénétrant sur la santé mentale des jeunes, qui mérite à la fois d'être pris en compte et d'être complété afin de trouver les voies pour sortir de la grande dépression générationnelle.

+

maux de la jeunesse jeune
Société

Le drame tragique de la migration

L’Essentiel de Joël Hautebert | Selon que vous habitez en Europe ou en Afrique du Sud, aux États-Unis ou en Libye, vos propos seront considérés comme racistes ou non. Les récents événements aux Pays-Bas ou en Irlande soulèvent la question de l'accueil des migrants, qui devraient avant tout pouvoir rester chez eux, comme l'a rappelé Léon XIV récemment.

+

drame tragique migration
SociétéÉducation

Couvent des Minimes de Tours : un lieu royal pour une école…

Initiatives chrétiennes | Fondé par saint François de Paule au XVᵉ siècle, le couvent des Minimes de Tours renaît de ses cendres pour accueillir des élèves et leur offrir un cadre propice à une éducation enracinée culturellement dans le beau. Présentation par Anne Jaubert, chargée de communication, et Louis-Antoine Roullier, président du groupe scolaire Carlo Acutis.

+

couvent des minimes Carlo acutis