Léon XIV en Algérie (3/5) : Nous sommes une Église de passage

Publié le 02 Avr 2026
Algérie église chrétien

Mgr Davide Carraro, évêque d'Oran. (photo AED)

> DOSSIER « Sur les pas de saint Augustin : Léon XIV en terre musulmane »
Dans le cadre de son voyage en Algérie, Léon XIV rencontrera une Église catholique minoritaire mais bien vivante, avec laquelle il commémorera notamment les 30 ans de l’assassinat de Mgr Pierre Claverie. Entretien avec Mgr Davide Carraro, son successeur sur le siège d’Oran depuis 2024. Propos recueillis par Amélie Berthelin (Aide à l’Église en Détresse).

 

| AED : Que représente, aujourd’hui, le diocèse d’Oran ?

Le diocèse d’Oran compte environ 10 millions d’habitants. Parmi eux, on peut estimer qu’il y a entre 400 et 500 chrétiens. Nous sommes donc une toute petite minorité, répartie en quatre groupes. D’abord, les « permanents », c’est-à-dire les consacrés, religieux et religieuses. Nous sommes tous étrangers et nous sommes environ une cinquantaine. Il y a ensuite les chrétiens algériens, un petit noyau de 50 à 60 personnes. Le reste est composé de personnes en situation de migration et d’étudiants subsahariens. La majorité d’entre nous, sauf les chrétiens algériens, est donc de passage : les migrants, les étudiants, les religieux. Nous avons très peu d’expatriés ; ils sont plutôt à Alger. Je parle ici des personnes que nous côtoyons réellement. Il y a probablement d’autres chrétiens qui ne se manifestent pas et que nous ne connaissons pas. Nous sommes donc une Église de passage. Je dirai qu’elle a une vocation « d’Église éducatrice ». Un peu comme un professeur qui, tous les quatre ou cinq ans – voire chaque année – doit reprendre les bases parce que les élèves changent. Il est difficile de construire quelque chose de stable, car les personnes se renouvellent très rapidement. Parmi ces 400 à 500 chrétiens, nous comptons entre 20 et 30 nationalités différentes. Aucune n’est majoritaire. Cela donne le visage d’une Église mosaïque : la contribution de chacun est importante et aucune culture ne domine. Cela nous permet de vivre l’Église autrement. Nous essayons d’y mettre une touche locale, malgré cette diversité.  

| Parmi ces chrétiens, quelle est la part de catholiques ?

Sur ces 400 à 500 personnes, plus de la moitié ne sont pas catholiques. Il existe une Église protestante locale, mais je parle ici de ceux qui viennent chez nous. Par exemple, le maître de la chorale à la cathédrale d’Oran n’est pas catholique. Souvent, les lecteurs pendant la liturgie ne le sont pas non plus : ils sont…

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Amélie Berthelin | AED

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