Ni le Christ ni son Église ne sont en option

Publié le 10 Juin 2026

© Yercaud-elango, CC BY-SA 4.0

> Éditorial du chanoine Pol Lecerf, icrsp

 

Ça doit arriver le 11 juin, juste avant la fête du Sacré-Cœur. Les évêques américains, réunis dans la basilique du sanctuaire national de Marie, Reine de l’Univers, à Orlando (Floride), poseront un acte inédit : pour la première fois de leur histoire, les États-Unis d’Amérique seront solennellement consacrés au Sacré Cœur de Jésus. L’année 2026 n’a pas été choisie au hasard : elle marque le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance. Dans moins d’un mois, les États-Unis fêteront, avec l’enthousiasme qui les caractérise, leur premier quart de millénaire.

christ église

Basilique du sanctuaire national de Marie, Reine de l’Univers (Orlando, Floride).

Reconnaître la royauté du Christ

Mgr Kevin C. Rhoades (évêque de Fort Wayne-South Bend), se référant à Léon XIII et surtout à Pie XI, a rappelé à cette occasion que la « pieuse coutume » de la consécration au Sacré Cœur est « un moyen de reconnaître la royauté du Christ » et donc, ajoutons-nous, de répondre aux erreurs modernes qui voudraient le cantonner à la seule sphère privée.

Roi par droit de naissance et par droit de conquête, le Christ a en effet un droit strict à régner non seulement sur les individus, mais aussi sur les familles et sur les cités politiques, « car les hommes ne sont pas moins soumis à l’autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée » (Pie XI, encyclique Quas Primas). 


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Il faut le redire sans cesse : ni le Christ ni son Église ne sont en option. Saint Paul l’écrit aux Hébreux, dans des lignes dont chaque mot est à peser :

« Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé autrefois à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé dans le Fils, qu’Il a établi héritier de toutes choses, par lequel aussi Il a fait les siècles ; et qui, étant la splendeur de sa gloire, et l’empreinte de sa substance, et soutenant toutes choses par la parole de sa puissance, après avoir opéré la purification des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté, au plus haut des Cieux. » (He 1, 1-3)

En relisant une telle page, on comprend mieux la devise de saint Pie X : « Tout restaurer dans le Christ » (Ep 1, 10). 

Pourtant, la quasi-totalité des nations occidentales rejette aujourd’hui clairement le doux règne du Christ Roi. Dans notre France – pourtant consacrée elle aussi au Sacré-Cœur par ses évêques, en 1915 –, Jésus-Christ a été banni des écoles, des hôpitaux, des tribunaux, des parlements, des lois et des mœurs – jusqu’à aujourd’hui, où une proposition de loi inique prétend s’attaquer au secret de la confession.

Les conséquences sont tragiques. « Ôtez le surnaturel : il ne reste plus que ce qui n’est pas naturel » : les lois sur le divorce, l’avortement, l’euthanasie ou le « mariage » contre nature montrent assez combien Chesterton avait raison. Et elles ne doivent pas nous faire oublier un péché plus grave encore : l’apostasie publique des nations, et leur refus de rendre à Jésus-Christ le culte qui Lui est dû.

Un magnifique signe d’espérance

Dans un tel contexte, la consécration au Sacré Cœur prononcée par l’épiscopat d’outre-Atlantique est un magnifique signe d’espérance ! C’est aussi une pierre d’attente pour l’hommage public de la nation et de ses chefs, hommage qui seul consacre officiellement la royauté de Jésus-Christ sur une nation. Le fameux In God we trust imprimé sur les dollars ne suffit pas à faire oublier que le Christ n’est reconnu comme Roi ni par la Constitution américaine ni par aucune structure d’État. 

Car le Christ ne règne sur une société que lorsqu’il est reconnu par ses chefs. Dans une famille, cette reconnaissance peut être manifestée par l’intronisation du Sacré Cœur, répandue avec tant de zèle par le père Mateo Crawley-Boevey (1875-1960). Et dans une cité, il faut reconnaître publiquement, par un acte officiel des dirigeants, la sujétion du pays au Christ-Roi, et puis s’efforcer de la traduire dans les lois et les mœurs – ce qui implique de confesser la vraie foi, et de protéger la seule véritable Église.

Et la France ?

Or le moins que l’on puisse dire c’est que, aux États-Unis comme en France, nous n’en sommes malheureusement pas là… C’est pour notre France spécialement tragique, puisque le Sauveur demanda expressément à Louis XIV, par l’intermédiaire de sainte Marguerite-Marie, de consacrer lui-même publiquement son royaume au Sacré Cœur. La demande fut faite le 17 juin 1689, jamais suivie d’effet… et cent ans plus tard, jour pour jour, le tiers état se constituait en Assemblée nationale.


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Pour autant, faut-il céder au défaitisme ? Non ! La récente consécration des évêques américains est une belle nouvelle, qui doit nous encourager à agir pour que le Christ soit toujours mieux honoré comme Roi dans nos âmes, dans nos familles et dans nos écoles ; et pour qu’il le soit un jour dans nos cités charnelles, récitons avec foi la troisième demande du Pater : « que Votre règne arrive » ! 

 

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Chanoine Pol Lecerf

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