Évangéliser : le devoir de tout chrétien

Publié le 22 Fév 2023

Avec l’audience du 15 février dernier, le Pape poursuit son cycle de conférences sur le commandement du Seigneur d’évangéliser toutes les nations. Obéissant à son Fondateur, l’Église, qui est missionnaire par nature, a toujours porté son effort sur la prédication de l’Évangile. Le Nouveau Testament atteste que l’Église est inséparablement liée à sa mission intime et première d’annoncer l’Évangile. Si l’Église est ainsi missionnaire, c’est parce qu’elle naît de la mission du Fils qui l’envoie par toute la terre : « Allez… de toutes les nations », et parce qu’elle naît aussi de la mission du Saint-Esprit, son âme incréée, qui lui permet d’être fidèle à sa tâche.

Avec Benoît XV et son encyclique Maximum illud, que l’on peut considérer comme la Rerum Novarum des Missions, la papauté elle-même prenait l’initiative de la Missio ad gentes, non pas que la papauté fut auparavant absente du mouvement, mais en ce sens que la papauté donna corps au mouvement, le dirigea et l’épanouit par l’exemple, par le soutien et par les grandes encycliques missionnaires, jusqu’au jour où, pour la première fois au monde, un pape en la personne de Paul VI, prit lui-même son bâton de pèlerin de l’Évangile et de la paix du Christ, à travers les cinq continents. À sa suite, le pèlerin infatigable de la Nouvelle évangélisation que fut Jean Paul II, parcourut non plus les cinq continents, mais tous les pays du monde, y compris depuis 1989 les pays de l’ancien goulag communiste.

Si tous les papes, de Benoît XVI au pape François, ont bien rappelé sans équivoque possible la nécessité de l’évangélisation, ce ne fut pas hélas le cas de tous les catholiques imbus des idées nouvelles et perverses, comme en témoigne la méconnaissance de l’islam ou le faux dialogue interreligieux qui n’est en réalité qu’un syncrétisme apostat. L’Occident se déchristianise, se laïcise et se sécularise ; l’État athée se totalitarise et s’absolutise. Quant à la soi-disant « mort de Dieu », elle a fabriqué les nouvelles idoles de la matière, de la technique prise bien sûr dans son mauvais sens, et de l’hédonisme : « Vous serez comme des dieux ». Le paradis terrestre de l’homme divinisé remplace l’espérance de la vie éternelle apportée par les missionnaires. Il ne s’agit plus seulement d’évangéliser des religions non chrétiennes. Il s’agit de relever le défi de l’athéisme et même mieux de l’antithéisme moderne. Face à ce péril inouï, face à l’apostasie des nations, l’Église se devait et se doit d’œuvrer à la conversion du monde en prêchant le Christ Lumière des Nations, comme l’a rappelé le dernier concile dans sa constitution sur l’Église. Voilà pourquoi les nouvelles catéchèses du Pape sur la passion de l’évangélisation et le zèle apostolique sont de la plus haute importance.

Dans la dernière catéchèse, le Pape rappelle que l’évangélisation est effectivement une passion, du fait que la découverte du Christ pousse irrésistiblement à le communiquer aux autres. Le Pape répond alors aux trois questions fondamentales : d’abord pourquoi ? Nous avons reçu gratuitement l’Évangile et à notre tour nous devons l’annoncer gratuitement. L’annonce ne part jamais de nous, mais bien de la Révélation qui nous a été donnée gratuitement. Vient ensuite la question : quoi ? Nous avons à annoncer l’Évangile dans son entier, sans le déformer d’aucune manière : Jésus est à la fois le message et le messager. Le Pape résume ce message en ces termes : Proclamez le Royaume des cieux. Enfin, comment ? Nous devons annoncer l’Évangile par tout notre être, par le cœur et par la vie, en étant fidèle aux huit Béatitudes, et particulièrement, comme Marie, à celle de la pauvreté en esprit.

Un moine de Triors

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