L’exposition : Gustave Moreau. Le Moyen Âge retrouvé.

Publié le 12 Jan 2024
Gustave Moreau Moyen Âge

Gustave Moreau, Ange voyageur, Graphite, aquarelle, gouache sur papier vélin à grain. Paris, musée Gustave Moreau, Cat. 441 © Musée Gustave Moreau.

Le charme de la maison-atelier de Gustave Moreau (1826-1898) est intact. Pour le visiteur, c’est toujours un plaisir de déambuler dans ces pièces décorées de tableaux et de mobilier. Mais pour faire vivre ce lieu, de temps à autre, une exposition est organisée en lien avec ses œuvres, permettant de sortir de ses réserves des dessins inconnus du public. Le nouveau thème retenu par la conservatrice Marie-Cécile Forest, à laquelle vient de succéder Charles Villeneuve de Janti, montre l’admiration du peintre pour le Moyen Âge.

Se déployant du premier étage jusqu’au dernier, cette présentation donne à voir les croquis et esquisses de Gustave Moreau d’après des œuvres d’époque médiévale. Ainsi un très joli Reliquaire (provenant du Louvre), en forme de petit coffre, décoré d’un Christ en majesté sur son sommet et d’un Christ crucifié sur son côté, réalisé en émaux champlevés, datant des années 1200 est copié par l’artiste au moyen de l’aquarelle. 

On sait combien, en ce XIXe siècle, s’est développé un engouement pour la période médiévale idéalisée. Il a connu une large influence tant dans les expressions picturales avec Delacroix, Ingres ou Chassériau que chez les écrivains. On pense à Chateaubriand mais aussi à Victor Hugo et la publication de Notre-Dame de Paris, sans oublier les architectes tels Eugène Viollet-le-Duc et Jean-Baptiste Lassus qui entreprennent la restauration de la cathédrale de Paris…

C’est dans ce contexte que Gustave Moreau s’exprime à sa façon. Il copie des détails de chapiteaux romans d’après des photographies, des illustrations de vêtements vus dans des ouvrages évoquant l’époque médiévale. Il visite le Louvre mais aussi le musée de Cluny où il découvre les tapisseries de la Dame à la licorne et réalise une huile sur toile intitulée Les Licornes… Mais il insère aussi des souvenirs de ses séjours en Italie marqué par l’art antique et la Renaissance. Il en sort des peintures originales, construites avec des éléments de périodes historiques, mythologiques et religieuses différentes parfois inachevées comme un rêve.

À découvrir !

 


Jusqu’au 12 février 2024. Musée national Gustave Moreau.

14, rue de La Rochefoucauld, 75009 Paris. Tél : 01 83 62 78 72.
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h. Réservation fortement recommandée.

Gustave Moreau

Catalogue : Gustave Moreau. Le Moyen Âge Retrouvé. Ouvrage collectif, Éd. El Viso, 256 p., 39 €.

 

>> à lire également : Notre quinzaine : Je crois en la Sainte Église catholique

Céline Vicq 

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureLectures

« Le Seigneur nous tend la main » : publication des sermons privés de Benoît XVI

Recensions | La Rédaction de L'Homme Nouveau vous propose une page culture, avec un choix de quelques livres religieux, essais ou BD. Notamment Le Seigneur nous tend la main. Méditations inédites 2005-2017, regroupant des sermons privés de Benoît XVI, ou encore Reportages de guerre, 1944-1945, reprenant l’œuvre documentaire de l’Américaine Lee Miller. Des idées de lecture à retrouver dans le n° 1858.

+

sermons privés de benoit xvi livres
À la uneCulture

La Nouvelle Droite est-elle de droite ?

La mouvance de la Nouvelle Droite vient de publier, sous la plume de l'un de ses sympathisants actifs, un panorama de son histoire depuis sa fondation, au lendemain de la guerre d'Algérie, jusqu'à nos jours et de son influence sur le monde actuel. Convergences et incompatibilités avec le catholicisme apparaissent bien.

+

nouvelle droite
CultureArt et Patrimoine

L’art contemporain est-il encore de l’art ?

Carte blanche à Yves Chiron | Will Gompertz est critique d’art et il a longtemps dirigé la Tate Galley de Londres. L’ouvrage qu’il a consacré en 2012 à l’art moderne et contemporain, sous le titre Que regardes-tu ?, a été traduit en 22 langues. Selon lui, l’art contemporain est passé de l’« œuvre » à l’« idée ». La fonction de l’art n’est plus d’embellir le monde mais de faire réfléchir la société. 

+

art contemporain