Evangélisation : « Malheur à moi, si je n’évangélise pas »

Publié le 24 Fév 2021
« Malheur à moi, si je n’évangélise pas » L'Homme Nouveau

Avec le respect de la vie, la mission ad Gentes est certainement l’un des enseignements du magistère non seulement les plus critiqués, mais souvent même mis aux oubliettes. Le commandement du Seigneur à ses disciples, qui vaut pour toutes les époques, est pourtant très ferme : « Allez, de toutes les nations faites des disciples et baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ». Le baptême est nécessaire au salut et nous devons tous crier avec saint Paul : « Malheur à moi, si je n’évangélise pas ».

Le thème du message papal pour la Journée mondiale des Missions 2021 était tiré de la réponse des Apôtres au Sanhédrin : « Il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu ». Quand on a découvert Jésus et son amour jusqu’à la fin, on se sent obligé de témoigner. On ne peut pas ne pas annoncer l’Évangile, c’est-à-dire l’annonce du salut apporté et accompli par Jésus. Certes le salut est personnel, mais on ne peut garder un tel trésor pour soi tout seul et l’on ne se sauve bien qu’en sauvant les autres. Qu’il est beau le mystère de la communion des saints ! L’histoire de l’évangélisation commencée avec les Apôtres et dont les XIXe et XXe siècles ont été comme l’apothéose, a toujours été une recherche passionnée de Jésus qui veut nouer avec chacun de nous un dialogue d’amitié. Sans l’amour de Dieu, l’évangélisation n’est pas possible. Mais souvenons-nous que le véritable amour fait mal. Dieu qui nous a aimés le premier n’a pas épargné son propre Fils. Évangéliser n’a jamais été facile. La persécution a toujours été l’élément vital de toute vraie évangélisation car la ferveur missionnaire trouve son élan dans l’annonce de la Croix qu’il nous faut porter chaque jour et annoncer. De nos jours, plus de 300 000 chrétiens sont persécutés pour le Christ. Comme le disait Tertullien, le sang des martyrs est semence de chrétiens. Le livre des Actes des Apôtres qui nous narre l’histoire de la primitive Église est très éloquent à ce sujet, en nous montrant comment le parfum de l’Évangile s’est répandu à travers les épines. Pour nous non plus évangéliser n’est pas facile surtout en ce temps de pandémie où le diable se déchaîne. On peut être gravement découragé à vue humaine, mais il ne faut jamais tomber dans le désespoir. Gardons confiance ! « Jésus est mort pour nos péchés et est ressuscité pour notre justification », nous dit saint Paul. Avec les Apôtres et les missionnaires de tous les temps, nous devons être témoins du mystère pascal dans sa totalité, car nous ne pouvons pas nous taire. Dans l’histoire de chaque terrible quotidien, nous devons comme les Apôtres toucher la chair souffrante et joyeuse de Jésus dans ses membres.

Comme le disait Paul VI, la mission ad Gentes est l’identité même de l’Église. À chacun de nous d’assumer cette charge. Remercions les missionnaires de tous les temps qui permirent qu’une partie plus importante du monde puisse glorifier la très sainte Trinité; qu’une partie plus importante du monde puisse adorer le Christ présent dans tous les tabernacles du monde; ce Christ, Fils de Dieu et Fils de Marie, qui seul sauve et sauvera le monde. Être missionnaire, c’est marcher sur les pas du Christ. Pour cela, il nous faut avoir les mêmes sentiments que lui, en développant toutes nos capacités pour élargir notre cercle de connaissances. Être missionnaire, c’est être frères dans l’annonce de l’Évangile. C’est suivre l’Agneau partout où il va, même à la Croix. Que Marie l’étoile de la mission et la première missionnaire réveille et réchauffe notre cœur pour l’annonce de l’Évangile et le salut des âmes.

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