La pause liturgique : Kyrie 15 Dominator Deus (fête des saints)

Publié le 18 Avr 2026
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Messe 15 « Dominator Deus » – Fêtes des saints :

 

Commentaire musical

Kyrie 15 Partition kyrie

 

Le Kyrie 15 est daté des XIᵉ-XIII siècles dans le Graduel de Solesmes, mais on le trouve déjà dans des manuscrits du Xᵉ siècle.

Nous sommes en présence d’une mélodie très simple, assez restreinte, si bien que ce Kyrie tranche un peu avec les plus somptueux.

Il est marqué en 4 mode, de fait toutes les cadences finales des neuf invocations se font entendre sur le Si, c’est-à-dire un Mi transposé à la quinte. Il pourrait d’ailleurs être transcrit en clé de Fa plutôt qu’en clé de Do. Mais on conçoit que le chanter en finale Mi serait vraiment difficile, à cause la gravité de la seconde invocation, notamment.

Le Kyrie 15 suit un schéma original : aba, cdc, efg. La ligne mélodique générale rend un bel effet de crescendo, en s’élevant progressivement, jusqu’au eléison final très expressif et ardent.

Le premier et le troisième Kyrie s’enroulent autour du Si, touchent le Do à l’aigu et le Sol au grave une seule fois, mais jouent davantage entre le La et le Si.

Le deuxième Kyrie part du Mi grave, et de cette belle profondeur, remonte progressivement vers le Si, avec un eléison identique au précédent.

Les premier et troisième Christe partent du Ré aigu, puis redescendent doucement vers le Si, pour retrouver finalement la mélodie de eléison entendue dans les Kyrie.

Le second Christe fait une petite pause, dans sa sobriété, puisqu’il ne monte que jusqu’au Do, en passant, s’appuyant plutôt sur le La puis sur le Si. La mélodie de eléison, sur la première syllabe, est originale, mais s’achève de la même manière que dans les autres invocations.

Le Kyrie de la septième invocation part également du Ré mais va culminer sur le Mi, donc au sommet de la pièce. La mélodie de ce Kyrie rejoint néanmoins bien vite la mélodie des premier et troisième Christe, avec un eléison identique.

Le Kyrie suivant est original, plus sobre, plus simple, avec, lui aussi une première syllabe de eléison propre, mais assez intense, qui donne de l’élan pour la dernière invocation.

Enfin, le tout dernier Kyrie part du Ré aigu, mais descend donnant l’effet d’une belle supplication. Et le sommet de toute la pièce arrive sur cet ultime eléison très poignant, qui module autour du Ré, entre le Mi et le Do, se posant finalement sur le double Si final. Ce dernier eléison, le seul qui soit absolument unique dans la pièce, est une sorte de cri jeté vers le ciel, et donne pour finir une grande expression à l’ensemble, qui doit être chanté en tendance vers cet apex final.

 

>> à lire également : DOSSIER | Le masculinisme (1/4) : Mythe ou réalité ?

 

Un moine de Triors

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