Vers une légitimation théologique de l’homosexualité

Publié le 27 Jan 2026
homosexualité

Les tendances homosexuelles obligent à un combat et un chemin de souffrance comme voie de sainteté. © Shutterstock

> L’Essentiel de Thibaud Collin
Portée par la valorisation de l’homosexualité dans les sociétés dites évoluées, la revendication de sa normalisation dans l’Église est exprimée aujourd’hui par des théologiens reconnus. L’exemple récent d’un numéro de la Revue d’Éthique et de Théologie morale, montre le péril de ces « avancées » qui égarent les personnes concernées dans une voie détournée, leur ôtant la possibilité donnée à chaque chrétien de s’offrir totalement à Dieu.

  La reconnaissance de l’homosexualité demeure aujourd’hui l’un des horizons essentiels de lutte du progressisme ecclésial. Un des verrous fondamentaux de cette légitimation est l’affirmation du Catéchisme de l’Église catholique (1) selon laquelle « les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés ». Un puissant lobby de pasteurs et de théologiens milite ouvertement pour faire sauter un tel verrou. Une des dernières manifestations de cette tendance dans le champ francophone est le numéro que la Revue d’Éthique et de Théologie morale consacre au sujet sous le sobre titre Homosexualité – Questions éthiques et pastorales (2) avec des articles des dominicains Laurent Lemoine et Philippe Lefebvre et des jésuites Alain Thomasset et Bruno Saintôt.

Intrinsèquement désordonnés ?

Le père Saintôt, professeur aux Facultés Loyola (Paris), introduit son article intitulé « Peut-on encore évaluer les actes homosexuels comme “intrinsèquement désordonnés” » par le constat suivant :

« Une dynamique de contestation paisible et de normalisation progressive est en cours, notamment grâce à la qualité de la vie spirituelle et des engagements ecclésiaux des personnes homosexuelles et également grâce à l’action concertée de certaines familles constituées en association pour faire connaître leurs souffrances, leurs changements de regard et d’évaluation morale, et pour réclamer des évolutions non seulement pastorales mais doctrinales. »

L’objectif est de remettre en cause la justification du jugement de l’Église sur l’homosexualité en la relativisant à l’aide de l’exégèse, de l’histoire des doctrines et de l’expérience des fidèles. Il s’agit d’opérer une critique du critère conduisant à parler d’acte intrinsèquement désordonné. Pour ce faire, le théologien jésuite s’applique à déconstruire méthodiquement l’invocation d’un ordre naturel, fondement de l’affirmation traditionnelle selon laquelle les actes homosexuels sont « contre nature ».


Ces articles pourraient vous intéresser :

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Thibaud Collin

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureÉglise

Carte blanche : D’Adrien VI à Zénon de Vérone

Carte blanche à Yves Chiron | Le Dictionnaire d’Histoire et de Géographie ecclésiastiques poursuit sa publication à un rythme régulier – un fascicule par an – et constitue toujours une référence incontournable pour l’histoire de l’Église des origines à nos jours et dans tous les pays. Le fascicule 199b-200 compte 68 notices, classées par ordre alphabétique, d’Adrien VI à Zénon de Vérone.

+

zénon de Vérone Adrien VI
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique | Sanctus 14, Jesu Redemptor (Fêtes des saints)

Le Sanctus XIV, daté du XIIᵉ siècle, nous est connu par l’intermédiaire de quelques rares sources manuscrites. Il s’agit d’un 1er mode très paisible, non exempt de beaux jaillissements qui lui confèrent une vraie majesté. On a relevé son caractère thématique, c’est-à-dire qu’il contient de nombreuses répétitions mélodiques, à commencer par la formule de l’intonation que l’on va retrouver quatre fois.

+

grégorien ascension communion agnus graduel sanctus