Utiliser ses talents pour servir

Publié le 29 Nov 2023
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Bloch (1890)

Le troisième dimanche de novembre, selon la volonté du Pape, est consacré désormais aux pauvres, par une journée mondiale. Ce même dimanche, l’Évangile portait sur la parabole des talents. 

Avant de commenter l’homélie du Pape du 19 novembre dernier, je voudrais éclaircir trois petits points, qui nous permettront d’interpréter l’enseignement du Pape dans une herméneutique de continuité.

Tout d’abord, l’Église n’a pas attendu le XXIe siècle pour s’occuper des pauvres. On pourrait donner une liste impressionnante de saints et de saintes, qui de saint Laurent jusqu’à Mère Teresa ont consacré leur temps et leurs services aux pauvres ou ont vécu dans une pauvreté extrême par imitation du Christ, qui « s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté ».

Au n°40 de son encyclique Deus caritas est, Benoît XVI citent quelques grandes figures de saints amis de la pauvreté ou des pauvres : François d’Assise, Ignace de Loyola, Jean de Dieu, Camille de Lellis, Vincent de Paul, Louise de Marillac, Joseph B. Cottolengo, Jean Bosco, Louis Orione, Teresa de Calcutta. On pourrait aussi citer Clément Hofbauer, le mitron de Vienne, ou plus près de nous Charles de Foucauld et tant de « saints de la porte d’à-côté », pour reprendre l’expression familière du Pape.

La deuxième remarque que je voudrais faire est que trop souvent on confond misère et pauvreté. Il faut éradiquer la misère, mais « Bienheureux les pauvres en esprit », car selon l’Évangile la pauvreté est une vertu qui, par surcroît, peut devenir un conseil évangélique. Ainsi, quand le Pape dit que la pauvreté est un scandale, il faut entendre la misère. D’ailleurs la citation qu’il donne de saint Ambroise est claire à ce sujet.

Une troisième remarque est qu’il y a pauvres et pauvres, comme il y a migrants et migrants. Nous ne devons jamais oublier qu’il y a un ordre dans la charité et que l’aide que l’on peut apporter — je pense particulièrement aux migrants — ne doit pas nuire au bien commun de la paix et de la civilisation. Jean-Paul II l’avait souligné parfaitement dans son homélie pour la béatification du père Chevrier fondateur du Prado, lui aussi grand ami des pauvres.  

 

La Parabole des talents

Le Pape commente l’Évangile du jour, celui de la parabole des talents. Le maître a confié sa richesse à trois personnes. Deux font fructifier le butin confié, l’autre par peur du maître, l’enfouit. Le Pape commente cet épisode en disant qu’il y a un double voyage : celui de Jésus et le nôtre.

Ce maître parti en voyage nous fait penser au mystère même du Christ, descendu du sein du Père pour sauver l’humanité, et retourné vers le Père après l’accomplissement de son œuvre : la Rédemption du monde par le Mystère pascal de sa mort et de sa résurrection. Jésus a tout reçu du Père, mais il n’a rien gardé pour lui. Il s’est anéanti et a tellement « pris la dernière place qu’on ne pourra jamais la lui enlever ».

Jésus effectuera un second voyage quand il viendra juger les vivants et les morts et demander des comptes à chacun. Alors, posons-nous la question : comment le Seigneur nous trouvera-t-il à l’instant de notre mort et du jugement particulier ?

Le Pape évoque alors le deuxième voyage. Quelle route parcourons-nous : suivons-nous Jésus ou le diable ? Avons-nous les mains ouvertes pour les autres ou les mains fermées pour notre moi adulé ? Méfions-nous ! Il s’agit de dons reçus et les capacités personnelles en font partie. Elles doivent servir aux autres.

De plus, Dieu nous a donné l’Esprit Saint qui doit animer toute notre vie. Sachons accepter ses dons qui transformeront radicalement notre vie. Et puis, Jésus nous a donné un énorme capital qui nous servira à témoigner de l’Évangile : la charité. Que Marie nous aide à aider les pauvres et à vivre le terrible quotidien, en faisant fructifier les dons du Seigneur. 

 

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Un moine de Triors

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