Le pape Léon XIV a publié sa première encyclique, Magnifica Humanitas, le 25 mai dernier, lundi de la Pentecôte. Principalement consacrée aux dangers de l’Intelligence artificielle, elle se présente comme une encyclique sociale, confirmant ainsi la filiation revendiquée de l’actuel souverain pontife avec son prédécesseur, Léon XIII, le pape de Rerum Novarum.
• Discours de la méthode
Il n’est jamais simple de présenter une encyclique pontificale, surtout quand il s’agit de la première d’un pape nouvellement élu. Magnifica Humanitas n’échappe pas à la règle. D’où viennent les difficultés ? D’abord du fait qu’un texte pontifical n’est pas un document comme un autre, duquel on peut faire ressortir les aspects intéressants et les points critiques. Il est normal pour un catholique de recevoir une encyclique avec une attention bienveillante et une disposition à l’assentiment du cœur et de l’esprit. Non parce que le pape – quel qu’il soit – serait d’emblée un homme exceptionnel, mais tout simplement parce qu’il est le vicaire du Christ. Une autre difficulté tient au fait que, dans le même temps, nous n’échappons pas à l’air du temps. La nouveauté séduit, enthousiasme, conduit facilement aux hyperboles et aux propos définitifs. Or, comme pour les premières encycliques de ses prédécesseurs, il faudra nécessairement le recul du temps pour percevoir la réelle portée de ce nouveau texte papal. Enfin, la coutume veut qu’une telle encyclique, parce qu’elle est la première, soit programmatique du pontificat qui s’inaugure. Seulement un pape n’est pas un chef de parti qui aurait réussi une élection et qui devrait appliquer un programme. Il est, répétons-le, d’abord le vicaire du Christ. À ce titre, il doit d’abord « déclarer le dépôt de la révélation divine » et « protéger le dépôt de la révélation divine et organiser la vie chrétienne» (cardinal Journet). De ce fait, nous ne recevons pas un texte pontifical parce que son auteur est un bon écrivain ou un penseur pertinent mais parce que, pape, il est vicaire de Jésus-Christ, successeur du Prince des apôtres, souverain pontife de l’Église universelle.
• Première approche
La première encyclique de Léon XIV est un long texte qui s’organise en une introduction et une conclusion séparées par cinq chapitres.
Dans l’introduction, le Saint-Père indique la thématique générale de l’encyclique et s’inscrit directement dans la filiation de Léon XIII, en abordant à son tour les « res novae »…







