Père Brottier (2/4) : « L’Aumônier verni »

Publié le 10 Sep 2026
Père Brottier aumônier guerre

© Archives Historiques/Apprentis d'Auteuil

DOSSIER n° 1861 : « Des tranchées aux Orphelins d’Auteuil, le sacerdoce du père Brottier »
Devenu vicaire général du diocèse de Dakar, en exil à Paris, le père Brottier voit surgir de manière inattendue un autre ministère : celui du service des soldats. Le même désir qu’en Afrique l’anime : sacrifier sa vie par amour pour le Christ. Il sera un exemple et un soutien pour ceux qui l’entoureront, tout au long de la guerre.

  Août 14. La guerre vient d’éclater et le père Brottier n’envisage pas une seconde de ne pas rejoindre les soldats au front. Bien que démobilisé pour raisons de santé (ses fameuses migraines), il réussit avec l’appui de son supérieur, monseigneur Le Roy, à faire créer un corps d’aumôniers volontaires qui serviront dans les unités combattantes et non dans les hôpitaux. Après une formation d’infirmier, il est affecté à la 26ᵉ division d’infanterie qu’il suivra en Allemagne jusqu’en 1919. 

Un dévouement sans limite

1915 07 12 Royaucourt père brottierPendant cinq années, de la campagne de Belgique à la Somme en passant par Saint-Quentin, Verdun (cinq fois) et autres « bois triangulaires », il se dévouera sans compter auprès des soldats, pendant les assauts, sous les bombardements ou au repos et par tous les temps : « Les tranchées de l’Yser furent le premier contact profond que je pris avec les fantassins du 105ᵉ et du 121ᵉ. Mais dans quelles circonstances ! Nous y avons souffert du froid, de la pluie, de la boue ! Ah, ce froid des Flandres ; jamais, si ce n’est à Verdun, je n’en ai tant souffert ! » dira-t-il. Dès le début, il marque les hommes de sa présence. En témoignent les mots du colonel Saumon (105ᵉ) après la guerre :

« J’ai connu le père Brottier en 1914 lorsqu’il est arrivé comme aumônier volontaire à la 26ᵉ Division. Le père Brottier fut vite légendaire, surtout aux 105ᵉ et 121ᵉ RI où il fut au début plus spécialement attaché. C’est dans la Somme, en septembre 1914 où je venais de prendre comme capitaine la 8ᵉ compagnie du 105ᵉ, que nous prîmes contact, et je me sentis attiré vers ce prêtre si bon, si dévoué à tous nos soldats, se prodiguant jour et nuit auprès des blessés et des malheureux. »

Pendant les périodes de repos, à l’arrière, il s’ingénie à trouver ce qui pourra faire plaisir aux…

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Marie-Noëlle Dumont

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