Messe 17 Salve
Dimanches d’Avent et de Carême
Commentaire musical
Cet Agnus Dei représenté par un nombre important de sources manuscrites, plus de 250 en tout, est daté du XIIIᵉ siècle dans les livres liturgiques mais remonte en fait au moins jusqu’au XIᵉ siècle. Il emprunte sa mélodie au 5ᵉ mode, tout comme le Sanctus XVII auquel il s’apparente très nettement de ce point de vue modal. On peut aussi souligner sa parenté modale avec le Sanctus IX ou encore avec le Glória VIII, et cela explique les fréquents rapprochements entre ces différentes pièces dans beaucoup d’ordinaires médiévaux.
L’Agnus Dei 17 emploie la même mélodie pour les trois invocations, à l’exception de l’intonation de la seconde invocation, qui commence au grave par un podatus Do-Ré qui tranche sur le reste de la pièce où tout se déploie soit à l’intérieur de la quinte modale Fa-Do, soit dans la quarte supérieure Do-Fa. L’arpège modale Fa-La-Do, ou son contraire Do-La-Fa, typique du 5ᵉ mode, est très repérable sur l’intonation en descente, et sur ce qui suit en remontée (qui tollis), mais aussi sur la descente de miserére ou de dona nobis.
L’intonation est ferme avec l’accent de Agnus marqué par un double Do, une syllabe finale faible sur le La, et un accent cadentiel de Dei élargi par un épisème horizontal avant le Fa final qui est pointé. Puis la remontée se fait directement en deux intervalles : Fa-La et La-Do, et on ne s’arrête pas là puisque la mélodie touche le Ré et revenant au Do rebondit d’abord sur Ré puis jusqu’au Fa atteint sur les deux premières syllabes de peccáta. Ce mot est ainsi mis en valeur expressive à trois reprises, et il est important de bien faire sentir le crescendo qui monte vers ce triple sommet de la pièce.
La cadence de mundi se pose sur le Do, et de là s’amorce la redescente de miserére nobis qui reprend en fait la mélodie de l’intonation, sans le double Do du début, mais en y ajoutant un petit podatus Sol-La sur la finale de miserére. Nobis, en revanche, est absolument identique à Dei.
Cet Agnus Dei est assez lumineux et vigoureux. Il est fait d’un matériau mélodique très sobre et de courbes inversées : Do-La-Fa, Fa-La-Do, Do-Fa puis Fa-Do au sommet, et enfin Do-La-Fa. Ces courbes sont bien liées mais elles doivent être expressives et le secret de cette pièce est de respecter la ligne mélodique, du point de vue de l’intensité.
>> à lire également : Léon XIV en France : En venant à Lourdes, Léon XIV s’inscrit dans une tradition ininterrompue








