Trisomique… et alors ?
Le chromosome est à l'honneur, et c'est heureux. Petits nez en trompette, nuques un peu épaisses, langues envahissantes et délicieux sourires ont envahi nos panneaux publicitaires. La campagne « Trisomique… et alors ? » est lancée, et Alice, 5 ans, les bras croisés, s'est emparée du slogan « Le tri c'est bien, mais pas pour tout ». Sarah, 3 ans, a de quoi être fière. « Mes parents ne savaient pas. Aujourd'hui, ils m'appellent princesse ».
Triomphalisme ? Dolorisme ? Les rabat-joie diront ce qu'ils voudront, mais lorsqu'on sait que 96 % des enfants trisomiques sont avortés, nous sommes heureux que, pour une fois, ils soient sur nos panneaux publicitaires plutôt que dans les poubelles de nos hôpitaux.
De mars à juin, rues et journaux seront le théâtre d'une campagne de sensibilisation pour le moins originale, adressée aux parents ou futurs parents d'enfants trisomiques que ce fichu chromosome inquiète. À l'approche des élections, c'est aussi une manière d'appeler nos politiciens à un peu d'humanité. L'idée est fraîchement importée d'Espagne où des parents d'une petite fille trisomique, de passage de l'autre côté des Pyrénées, ont vu à Madrid une campagne de sensibilisation en faveur de la trisomie. Ils ont pu réaliser ce projet en France avec beaucoup de détermination, de réseau et l'aide d'organismes et associations comme la Fondation Lejeune, le Collectif des Amis d'Eléonore…Les affiches, comme le site internet de la campagne ont choisi la sobriété. Quelques slogans, des témoignages, mais aucun texte militant ou argument choc. Car les arguments de ces campagnes, ce sont...










