Compagnie du Saint-Sacrement (2/3) : Mystique et action catholique

Publié le 19 Mar 2026
compagnie du saint-sacrement

Anthoine van Dyck, c. 1630.

> DOSSIER n° 1851 : « La Compagnie du Saint-Sacrement : le secret est-il catholique ? »
Créée par Henri de Lévis, duc de Ventadour, la Compagnie du Saint-Sacrement réussit au XVIIᵉ siècle à associer le mysticisme à l’action sociale et religieuse avant d’être emportée par son succès et son goût du secret. Retour sur cette œuvre originale qui réunissait en son sein prêtres et laïcs.

  Par son testament daté du 23 juin 1617, Anne de Lévis, duc de Ventadour et pair de France, faisait de Henri, son fils aîné, son héritier universel. Surtout, il lui enjoignait « d’avoir toujours la crainte de Dieu devant les yeux, de vivre et de mourir dans la religion catholique et d’être toujours bon et fidèle sujet et serviteur du Roy ». 

Le miracle des roses

Visiblement, le catholicisme n’était pas une simple habitude sociale pour cette grande famille de France. La légende raconte que l’épouse d’Anne de Lévis, Marguerite de Montmorency, fut surprise un soir par son époux alors qu’elle sortait pour porter un panier de victuailles aux pauvres. L’intendant du château l’avait dénoncée, craignant qu’elle ne dilapide les ressources de la famille. Aussitôt sommée de s’expliquer, la duchesse tomba aux pieds d’Anne de Lévis en plaidant, non pour elle, mais pour les nécessiteux qu’elle allait nourrir. La plaidoirie fut-elle entendue ? Apparemment pas le moins du monde puisque le duc la contraignit à ouvrir son panier. Et c’est alors que le miracle se produisit : les denrées avaient été remplacées par des roses, fraîches et vermeilles. Le phénomène était d’ailleurs double. Impossible en plein mois de janvier de trouver des fleurs pareilles… En 1622, Anne de Lévis rendit son âme à Dieu. Aussitôt Henri devint le troisième duc de Ventadour et épousa l’année suivante Marie-Liesse de Luxembourg, renforçant par cette union le lien avec les grandes familles d’Europe.  Étrange mariage, au demeurant ! La jeune mariée n’était âgée que de 12 ans qu’elle venait d’ailleurs de fêter le mois même de son mariage. Les nouveaux époux vécurent comme frère et sœur, au milieu de leur famille, tout en remplissant leurs devoirs à la Cour, même si au regard de l’âge de la jeune épousée, ces devoirs étaient plutôt ceux de l’éducation. Quand Henri revenait de la guerre, il retrouvait Marie-Liesse et, peu à peu, ils prirent conscience que leurs vies étaient appelées à une destinée plus haute. Avec l’accord d’un père carme,…

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Philippe Maxence

Philippe Maxence

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