> Tribune libre de Judith Cabaud
À l’approche des élections législatives partielles qui peuvent changer l’orientation du gouvernement actuel, les États-Unis d’Amérique semblent emprunter la voie du déclin. Un faisceau d’évidences démontre que le pays le plus riche et le plus puissant de la terre a atteint son apogée dans la globalisation actuelle et, depuis sa place au sommet, tous les chemins descendent.
Le mode de vie américain, voué à la démocratie et présent depuis 250 ans, avait été promis dès son commencement au succès perpétuel. Sa caractéristique principale est d’assurer à ses citoyens la liberté, c’est-à-dire le libre choix des individus qui les gouvernent.
Républicains et Démocrates
Avec le temps, deux partis politiques ont émergé : les Républicains et les Démocrates, qui ne suivent pas nettement le clivage idéologique droite/gauche de nos parlements en Europe. En fait, chacun de ces partis présents au Congrès américain possède des nuances internes qui, selon les membres, mettent en valeur des tendances hétérogènes vers la droite (conservateurs) ou vers la gauche (libéraux).
Dans la pratique, les Républicains, par exemple, représentent une vision de l’économie de libre entreprise, à responsabilité individuelle, qui encourage les citoyens à s’enrichir sans entrave grâce à leur créativité et leur travail. La richesse de l’individu doit théoriquement bénéficier à l’ensemble de ses concitoyens.
Les Démocrates sont souvent qualifiés de gauche selon les critères européens, en raison de l’intervention de l’État dans les affaires privées, alors que tous les présidents démocrates du XXᵉ siècle ont été conservateurs. Ces derniers, comme F.D. Roosevelt ou J.F. Kennedy, mettaient l’accent sur la nécessité pour la riche Amérique, avec ses corporations, de partager sa richesse, ce qui a été fait à maintes reprises, tant entre concitoyens à l’intérieur qu’avec des pays en difficulté à l’extérieur.
Les populismes
Beaucoup de pays ont imité la structure de la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) née de la démocratie américaine et inspirée par Montesquieu, mais sans se préoccuper des garde-fous de contrôle mutuel établis par les pères fondateurs en cas d’atteinte à la démocratie favorisant une prise de pouvoir autoritaire.
Avec cynisme, des chefs de gouvernement étrangers ont adopté le vocabulaire démocratique en prétendant que leur président-dictateur œuvrait pour le peuple. Mais en favorisant un petit nombre d’entrepreneurs (oligarques), les riches continuaient à s’enrichir tandis que les pauvres s’appauvrissaient.
Avec le populisme en place aux États-Unis depuis 2016, le Parti républicain est devenu le vecteur d’une politique unilatérale qui prétend contrôler une nouvelle version de la démocratie américaine. Pour convaincre la population de les élire au Congrès, il a eu recours à une instrumentalisation de la religion aux États-Unis et à une morale calviniste qui ne dit pas son nom.
Les campagnes électorales sont désormais des champs de bataille où règne ouvertement une démagogie effrénée. Le détournement de la vérité par le biais des réseaux sociaux et la désinformation généralisée ont non seulement facilité la propagation du mensonge, mais aussi permis des ingérences étrangères qui orientent l’opinion publique à leur guise à travers le monde.
Suite aux excès d’un gouvernement populiste de milliardaires américains et aux mesures injustes prises au détriment des classes moyennes, le parti démocrate, historiquement à majorité conservatrice, est maintenant envahi par une aile gauche radicale. Pourtant, l’harmonie tant recherchée par tous se trouve dans l’union des âmes de bonne volonté où création et richesse sont partagées simultanément.
Une atmosphère de méfiance
Dans les années 1950, pendant la guerre froide, le sénateur républicain Joseph McCarthy a défrayé la chronique en accusant des centaines de personnalités en vue de la société américaine d’être communistes. Largement diffusée sur tout le continent américain, l’affaire fut rapidement dissipée, faute de preuves. Cet événement a cependant eu des conséquences sur le public : une atmosphère de méfiance s’installe.
Au cours des années 1960 et 1970, il a conduit la société américaine à la contre-culture, un grand mouvement de contestation sociale, politique et culturelle qui rejetait les valeurs traditionnelles et consuméristes de « l’American way of life ». Transposé dans le monde entier après Mai 68, ce mouvement a donné lieu à des campagnes électorales fantaisistes, à des mœurs détraquées qu’on a appelées « woke », et en France, à une emprise sur le citoyen par des lois constitutionnelles en faveur de l’avortement et de l’euthanasie (« ce qui est légal est moral »), ce qui lui a valu un déclin de la démocratie.
Il n’y a pas d’amour sans liberté, et pas de liberté sans amour.
Pour trouver une politique de liberté soutenue par la raison, la démocratie peut éclairer les esprits. Depuis le commencement du monde, Dieu a créé par amour l’homme libre pour qu’il aime, lui aussi, à son tour.
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