Carlos Sacheri et la propriété privée

Publié le 09 Juil 2024
propriété privée

Le socialisme et le communisme ont exigé la destruction de la propriété privée comme solution à tous les maux sociaux. © Moreau.henri, CC BY-SA 3.0

El Orden Natural de Carlos Sacheri | Lettre Reconstruire n°38 (juillet 2024)   

Après avoir donné une présentation générale de la doctrine sociale de l’Église et des idéologies modernes, Carlos Sacheri s’attarde sur les grands principes sociaux chrétiens en commençant par le droit de propriété privée.

  Tout d’abord, il est nécessaire de clarifier le concept de « propriété », en le définissant correctement : la propriété se distingue de la simple « utilisation » des biens, puisque la personne qui utilise une chose ne peut pas nécessairement en disposer, la transférer à une autre personne, etc. La propriété implique donc la pleine domination sur l’objet. On peut donc définir le droit de propriété comme « le droit par lequel une personne peut utiliser et disposer d’une chose ». Ce droit de propriété s’exerce sur deux types de biens :

  1. les biens dits de consommation, qui sont les objets dont l’utilisation implique leur usure et leur destruction, comme les aliments ou les vêtements ;
  2. les biens de production ou biens d’investissement, c’est-à-dire les objets qui ne sont pas destinés à la consommation, mais qui sont utilisés dans la production d’autres biens, par exemple les machines, etc.
Propriété privée, propriété publique

Une autre distinction fondamentale est celle entre la propriété privée et la propriété publique. La première correspond à celle exercée par les individus et les groupes intermédiaires de la société. La seconde constitue le patrimoine de l’État, qui réserve certains biens matériels en les soustrayant à l’appropriation individuelle. En ce sens, la propriété publique est équivalente à la « non-propriété ». Certains auteurs parlent de propriété commune, ou de propriété collective. Ces adjectifs prêtent souvent à confusion, et leur sens légitime serait celui de copropriété, comme dans le cas des sociétés coopératives. Dans ce sens, la copropriété n’est rien d’autre qu’une propriété personnelle atténuée, conservant son caractère privé ; ainsi, par exemple, la propriété commune d’une bicyclette entre les enfants d’une même famille est…

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